La Société Archéologique, Historique, Littéraire et Scientifique du Gers a tenu sa séance le mercredi 1er avril 2026 à 14 h 30, non au siège de l’association, 13 place Salluste du Bartas à Auch comme d’habitude, mais au Centre Cuzin, sous la présidence de Jacques Lapart.
Il s’agissait en effet d’une séance extraordinaire, consacrée à la présentation de l’ouvrage Lieux de pouvoir en Gascogne aux XIIIe et XIVe siècles, Actes du Congrès archéologique de France, qui eut lieu dans le Gers en 2023.
Après une présentation des Congrès archéologiques de France par Éliane Vergnolle, vice-présidente de la Société française d’Archéologie, deux communications eurent lieu.
Présentation du Congrès archéologique du Gers, Virginie Czerniak, coordinatrice scientifique.
Cinquante après un premier opus dédié à la Gascogne, le 182e Congrès de la Société Française d'Archéologie est consacré au patrimoine artistique de la Gascogne gersoise. Le nouveau volume est intitulé Lieux de pouvoirs aux XIIIe et XIVe siècles, selon la nouvelle formule éditoriale thématique adoptée par la SFA. Un thème qui fut aisé à déterminer, ce territoire méridional étant doté d’une formidable concentration d’édifices de pouvoir dont la création, aux XIIIe et au XIVe siècles, s’explique par sa position entre le domaine anglo-normand et l’ancien comté de Toulouse devenu capétien, deux mondes continûment antagonistes.
Les fondations civiles, religieuses et militaires se sont ainsi multipliées durant le Moyen Âge central, témoignant de la faculté des archevêques et des élites locales, modestes seigneurs ou cardinal de la curie pontificale avignonnaise, à s’approprier les expressions les plus pointues de la conception architecturale et ornementale de leur temps. Cathédrales, collégiales, bastides, maisons-fortes et châteaux gersois, étudiés nouvellement ou bénéficiant d’une vision renouvelée à la faveur de ce Congrès, traduisent une création gothique originale sur laquelle se pose l’ombre de la métropole toulousaine rehaussée d’apports plus septentrionaux.
L’extraordinaire ensemble de la collégiale de La Romieu – église, espaces conventuels, palais et décor peint – a fait l’objet d’une relecture intégrale permettant de mettre en lumière un ensemble d’exception marqué par l’intervention d’artistes remarquables, dont nous ignorons tout, mais dont le prodigieux travail – architecture, sculpture et peinture – témoigne de la très haute stature du maître d’ouvrage, Arnaud d’Aux, fraichement nommé cardinal et incontestablement homme de pouvoir.
Trois palais médiévaux en Gascogne, Pierre Garrigou Granchamp.
L’architecture civile médiévale de la Gascogne gersoise est particulièrement riche en monuments, répondant à des programmes variés et d’ampleurs diverses. Outre les édifices seigneuriaux ruraux, souvent dénommés « châteaux gascons », elle présente un corpus important de maisons médiévales des XIIIe et XIVe siècles et, ce qui est moins connu, des grandes résidences « urbaines » de grandes dimensions.
Leur importance a été méconnue et elles ont été peu étudiées, soit parce qu’elles sont très ruinées (palais du cardinal Arnaud d’Aux à La Romieu), soit parce que l’attention ne s’est portée que sur une partie du complexe (tour du palais archiépiscopal de Bassoues), soit encore parce que l’on n’y a vu qu’un « château », sans y discerner la fonction résidentielle primordiale (résidence des abbés de Condom à Larressingle).
Or ces trois monuments ont fait l’objet d’études attentives lors du Congrès archéologique de France qui s’est tenu dans le Gers en 2023, et dont le volume d’actes est présenté aujourd’hui à Auch, en ce 1er avril 2026. Notre communication fait fond sur ces recherches très récentes.
La communication s’attache à présenter une analyse architecturale des trois ensembles, de façon à en faire ressortir les principaux caractères, notamment leur insertion dans une agglomération, et en restituant au mieux les parties les moins connues. Elle conclut en soulignant combien d’autres monuments répondant aussi à de grandes ambitions doivent compléter le tableau de cette architecture résidentielle du XIVe siècle, soit qu’ils aient été eux aussi étudiés lors du congrès archéologique (Mazères à Baran), soit qu’ils attendent une étude approfondie, tels le palais des archevêques d’Auch et la demeure incluse dans l’église de Montréal.
C’est à cette condition que pourra être dressé un portait fidèle de la production artistique civile de l’époque considérée, qui ne trouve gère de pendants en France que dans le Quercy et dans le milieu avignonnais.
Le président remercie l’assistance, et donne rendez-vous à la prochaine réunion de la Société archéologique qui aura lieu le mercredi 6 mai 2026 à 14h30 à Auch à son siège, 13 place Salluste du Bartas avec deux communications
A noter : samedi 9 mai : excursion promenade de printemps :
La journée-promenade (autrefois banquet) de la Société Archéologique du Gers aura lieu le samedi 9 mai, et elle aura lieu au Houga. Faites-vous connaître très rapidement (inscription uniquement par envoi de chèque de 25 euros par personne à l’adresse du trésorier de la SAG, 13 place Salluste du Bartas à Auch).
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