L'enfer du vendredi soir à la gare d'Auch.

Chaque vendredi soir, la gare d’Auch vit à un rythme particulier. De 16h à 18h, les quais se remplissent, les valises s’accumulent et la pression monte.

La gare d'Auch à l'heure de pointe.jpg
La gare d'Auch à l'heure de pointe.jpg

Fabien est chef de service à la gare d'Auch depuis vingt ans. Il en a vu passer, du monde, sur ces quais. Et le vendredi soir, il le dit sans hésiter, c'est une autre histoire. "Ça joue des coudes", sourit-il. Les étudiants, les internes, les travailleurs, ils convergent tous vers le même quai entre 16h et 18h avec un seul objectif : quitter le Gers pour retrouver les leurs.

Car la gare d'Auch est une voie unique. Il n'y a pas d'alternative dans le département, tout le monde passe par là. Ce qui implique une contrainte bien particulière. "Pour expédier un train, il faut attendre que celui d’en face soit arrivé." Explique Fabien. Un ballet ferroviaire millimétré, mais qui fonctionne. "C'est bien géré, tout est bien réglé. Même s'il y a du monde."

Et du monde il y en a. Beaucoup. Surtout des jeunes. Des étudiants qui n'écoutent rien, qui dès qu'on a le dos tourné se retrouvent au bord du quai. Fabien secoue la tête avec la résignation tranquille de celui qui a tout vu. "Ça fait vingt ans que je travaille ici. Je suis étonné qu'il n'y ait personne qui soit encore tombé."

Vingt ans de service, des centaines de vendredis soir, et cette même scène qui se répète inlassablement. Le Gers se vide chaque fin de semaine par cette gare. Les jeunes partent, les quais se remplissent, Fabien veille. Et pour l'instant, tout le monde est arrivé à bon port.

 

Suggestions de lecture

Commentaires

Suggestions de lecture