Le duo « Ô fil de l’air » avec Angélique Lézin à la flûte et Christophe Bouhier à l’orgue , a offert une ambiance festive et enjouée mardi 19 août à la cathédrale Saint-Pierre de Condom.
Bach a été le premier à frapper à la porte du bonheur avec le Menuet en la et la Musette extraits des livres d’Anna Magdalena Bach. Le piccolo d’Angélique Lézin a promené allègrement ses fioritures au dessus de l’orgue qui a accentué l’effet festif.
Après un bond de quelques siècles, le public a pu apprécier les ondulations mélodiques de la flûte en do qui coulaient comme de l’eau sur un accompagnement organistique qui réalisait souvent l’écho. C’était la Pastorale enfantine de Cécile Chaminade. Cette amie de Bizet, Saint-Saëns et Chabrier fut la première femme admise au conservatoire de Paris.
Des accords un peu plus modernes influencés de romantisme ont retenti sous la voûte de la cathédrale avec l’Ave Maria d’Astor Piazzolla. Cette pièce marquée d’écriture espagnole, d’une véritable profondeur spirituelle, a exposé une tessiture très ample à la flûte avec sa très belle mélodie.
Trois petites pièces (Chanson, Clair de lune, Gigue) d’Augusta Holmès, compositrice française, ont été interprétées. La mélodie à la flûte voguait au dessus des accords arpégés de l’orgue. Entente parfaite entre les deux instruments ! Au clair de lune s’est dessiné à la manière d’un lied où les deux parties ne forment qu’un seul corps. Dans la Gigue le piccolo semblait évoquer la danse irlandaise complété par des harmonies changeantes et assez directes avec un tempo plus rapide. Le public sautillait !
Poème pour une maman de Christophe Bouhier est un ode, un hymne, qui souligne l’importance de la mère dans la vie. La musique décrit le soutien, la forte puissance et la stabilité de l’amour maternel. Encore beaucoup d’émotions ont envahi les auditeurs.
Dans L’oiseau pour flûte seule de Michel Mériot, Angélique Lézin a permis au public d' assister à un concert de volatiles euphoriques pépiant dans la forêt ! Le talent de cette musicienne lui a permis de surmonter les difficultés de cette partition où l’on aurait pu croire à la prestation de deux interprètes ! Bravo !
La musique Sous la pluie de Christine Marty-Lejon est venue calmer l’ardeur des animaux à plumes avec la flûte en sol, un peu plus grave que les autres. Elle produit des sons plus « ronds » qui se rapprochent de la chaleur humaine.
Après cette sorte de manège musical, l’enchanteresse mélodie des Chemins de l’amour de Francis Poulenc sur un texte de Jean Anouilh a valsé avec les sentiments de toutes l’assistance !
Georges Bizet s’est imposé dans les cœurs. La Seguidilla et la Habanera ont médusé l’auditoire, l’âme bouleversée par l’insistance de Carmen pour séduire Don Jose. Une autre cascade de sentiments !
Après ces deux danses toujours fort bien interprétées les artistes ont entraîné l'auditoire dans la forêt pour écouter L’oiseau des bois de Charles Thière avec les notes très aiguës du piccolo. Dans cette polka les interprètes ont fait preuve de vélocité et de grande maîtrise de leurs instruments.
Dès la note finale le public a bondi des sièges pour manifester sa reconnaissance aux musiciens. Il est vrai que ces derniers ont tout fait pour l’auditoire : le choix de la thématique du programme (nature, féminin, sentiments et vie) et la qualité d’exécution (compétences, maîtrise et talent) jusque dans le bis avec Pizzicato extrait du ballet Sylvia de Léo Delibes que toutes les mamans (ou presque) ont chanté à leurs enfants ! Un grand succès avec ce magnifique « voyage musical tout en douceur, en lumière et en émotion. »
SV
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