Lundi soir, environ 200 personnes se sont rassemblées devant le tribunal d'Auch pour honorer la mémoire de la jeune Lyhanna. Au-delà de la douleur et du recueillement, ce rassemblement s'est transformé en un appel urgent à l'action. Dans la foule, la tristesse a laissé place à un objectif clair : celui de réclamer une loi intégrale contre les violences sexuelles.
Pour les manifestants et les nombreux collectifs présents, le drame de Lyhanna n'est pas un fait divers isolé, mais le symptôme d'un système défaillant. Les prises de parole ont mis en lumière une réalité alarmante : en France, un enfant est victime de violences sexuelles toutes les trois minutes. Face à l'explosion des signalements, le taux de condamnation reste insignifiant, 94 % des affaires de viol ayant été classées sans suite en 2021.
Les manifestants exigent donc l'adoption d'une loi globale avec des moyens financiers concrets. Les intervenants ont dénoncé la baisse constante des crédits pour la protection des mineurs et des femmes, réclamant un budget d'urgence pour l'éducation au consentement à l'école, la prévention et le renforcement des services publics.
Face au drame, les participants ont refusé l'idée de vengeance ou de punitions violentes. Les voix se sont accordées pour rejeter fermement la peine de mort. Les porte-paroles ont rappelé que les violences supplémentaires ou la mise à mort des agresseurs ne sauveraient personne et ne répareraient jamais les victimes survivantes. Ce qu'il faut avant tout, c'est mieux protéger les enfants, écouter les victimes et prendre chaque plainte au sérieux.
Ce rassemblement à Auch prouve que les habitants refusent de fermer les yeux. En transformant leur tristesse en action, ils veulent que ce drame pousse toute la société à réagir, pour que ces violences ne soient plus jamais ignorées ni punies par le silence.
Pour maintenir la mobilisation et continuer à porter ces revendications, des rassemblements seront désormais organisés tous les lundis.
Commentaires