Avec « Papapapapa », Mozart s’invite dans les familles et fait chanter 200 enfants

Les enfants des écoles sur scène avec les deux chanteurs lyriques
Les enfants des écoles sur scène avec les deux chanteurs lyriques

Vendredi 12 et samedi 13 juin au soir, la salle polyvalente de Vic-Fezensac affichait complet pour accueillir Papapapapa, une création lyrique aussi originale qu’inattendue proposée par la Compagnie des Cadets. Un spectacle où l’univers de Mozart rencontrait celui des familles d’aujourd’hui, avec en ouverture la participation de près de 200 élèves des écoles primaires de Vic-Fezensac, Lupiac et Riguepeu.

Avant le lever de rideau, Barbara Neto, maire de Vic-Fezensac et présidente de la communauté de communes D’Artagnan en Fezensac, a rappelé l’esprit du projet culturel porté chaque année par les collectivités du territoire. Chaque édition explore un univers différent ; en 2025, le pari était celui de l’opéra.

Un défi assumé : faire découvrir cet art aux enfants et montrer qu’il peut être vivant, accessible et proche des préoccupations contemporaines.

La rencontre avec la Compagnie des Cadets a immédiatement séduit les équipes pédagogiques des trois écoles participantes. Pendant plusieurs semaines, environ 200 enfants ont travaillé autour de La Flûte enchantée lors de trois séances dédiées, avec à la clé un livret et un enregistrement remis aux familles.

Un prologue porté par les enfants

La soirée a débuté par un moment particulièrement attendu : le prologue imaginé autour de La Flûte enchantée. Classe après classe, les élèves sont montés sur scène pour accompagner Papageno et Papagena dans un résumé conté et chanté de l’œuvre de Mozart.

Pour beaucoup, il s’agissait d’une première expérience scénique : enfiler un costume, apprendre un texte, trouver un geste musical, chanter devant une salle pleine… Une découverte vécue avec sérieux mais aussi beaucoup de joie.

L’enthousiasme du public a rapidement gagné la salle.

Dix ans après « La Flûte enchantée »…

Après cette ouverture participative, place au spectacle principal : Papapapapa, opéra comique en deux actes d’après Mozart.

Tout le monde connaît la fin heureuse de La Flûte enchantée : Papageno, l’oiseleur, rencontre enfin Papagena et tous deux imaginent une vie idéale peuplée d’enfants.

Mais que devient ce couple dix ans plus tard ?

C’est cette question qu’ont choisi d’explorer le metteur en scène Emmanuel Gardeil et le baryton Philippe Estèphe.

« Ce n’est ni un opéra de Mozart, ni une création totalement nouvelle », explique Philippe Estèphe. Le spectacle prend la forme d’un assemblage d’extraits d’opéras de Mozart reliés par un texte inédit et une histoire originale.

Sur scène, la soprano Aurélie Fargues (Papagena) et le baryton Philippe Estèphe (Papageno), accompagnés au piano par Émilie Véronèse, donnent vie à ce couple confronté aux réalités bien contemporaines de la vie familiale : partage des tâches, charge mentale, éducation, fatigue du quotidien… loin des contes de fées.

Mozart revisité sans le trahir

Le projet puise dans plusieurs œuvres connues du compositeur comme Les Noces de Figaro, Don Giovanni, Così fan tutte, La Flûte enchantée, mais aussi des partitions plus rares.

Emmanuel Gardeil précise la démarche : conserver intégralement la musique de Mozart tout en créant un nouveau récit.

« Nous avons sélectionné des airs pour soprano et baryton et réécrit l’ensemble des textes en français. »

Le point de départ ? Un constat amusé : la parentalité et les difficultés domestiques occupent peu de place dans les livrets d’opéra.

Pour nourrir cette création, l’équipe s’est aussi inspirée de références plus contemporaines que lyriques.

L’objectif n’était pas de moderniser artificiellement Mozart, mais de proposer une œuvre qui dialogue avec les codes culturels d’aujourd’hui.

Un opéra pour tous

Entièrement chanté en français, alternant humour, théâtre et émotion, Papapapapa revendique une ambition claire : ouvrir l’opéra au plus grand nombre.

Le thème de la famille traverse tout le spectacle et crée plusieurs niveaux de lecture, permettant aux enfants comme aux adultes d’y trouver leur place.

Au vu de l’accueil réservé vendredi et samedi par un public nombreux et enthousiaste, le pari semble réussi : faire entrer Mozart dans le quotidien… et donner à de jeunes spectateurs l’envie d’y revenir.

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