"Le jeu le plus dur au monde" à Auch, les écoliers se sont mesurés sur l'échiquier.

Ce Lundi à la salle du Mouzon, l’Échiquier d’Armagnac a réuni les élèves de primaire pour une journée d’échecs scolaires. Concentration, fair-play et entraide au programme.

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"Le jeu le plus dur au monde." C'est par cette phrase, lancée par l'un des éducateurs Etienne Join, qu'on comprend tout de suite l'ambiance qui règne ce lundi à la salle du Mouzon à Auch. 120 enfants concentrés ce matin, environ 100 autres cet après-midi, têtes penchées sur leurs échiquiers, plongés dans la bataille silencieuse des pions et des fous.

Avant chaque partie, un geste rituel. Les deux joueurs se serrent la main. Pas une formalité, un engagement. Le fair-play comme première règle du jeu. Quand la partie commence, le silence se fait. Les regards se concentrent. Le bruit de fond de la salle du Mouzon s'efface. Ne restent plus que le son des pièces qu'on déplace.

Pour comprendre comment 200 enfants en arrivent à se mesurer aux échecs un lundi, il faut remonter quelques années en arrière. "C'est un projet que j'ai initié avec Denis Despaux, l'ancien président du club", explique l'animateur Etienne Join de l'Échiquier d'Armagnac, lui-même éducateur, entraîneur et arbitre d'échecs. Le projet en question s'appelle Classe Échec, un programme lancé par le gouvernement pour intégrer les échecs pendant le temps scolaire. "C'est pluridisciplinaire, c'est mathématique, c'est bon pour la concentration. Pour plein de petites choses, c'est bénéfique à l'école," détaille-t-il.

La journée a été divisée en deux tournois. Le matin pour les plus petits, CP-CE1-CE2. L'après-midi pour les plus grands, les CM. "À ces âges-là, la maturité est différente et les écarts de niveau sont importants entre les enfants. Il faut séparer," précise Étienne Join.

Cette année, l'organisation a été un peu plus complexe. Un peu moins d'enfants que les années précédentes. La raison est simple. "On n'a qu'un animateur, Thomas Ducret, qui est avec moi aujourd'hui. Moi je viens d'arrêter cette année, je viens d'avoir un bébé, je fais autre chose. Du coup il ne peut pas se dédoubler. Et les écoles sont un peu frileuses pour le faire sans nous," explique-t-il. Les écoles qui ont répondu présentes cette année  Saint-Exupéry, Lussan, Marsan et Pont National. "C'est dommage, d'autres années on a aussi les écoles du Garros, Jean Jaurès. Voilà, c'est fluctuant. Ça dépend des possibilités" regette-t-il.

Pour l'année prochaine, Thomas Ducret garde l'espoir d'être encore là pour faire vivre l'événement. Avec, peut-être, davantage d'écoles autour des échiquiers et de bénévoles à ses côtés.

Sur le terrain, la course est permanente. Les éducateurs courent entre les tables pour noter les scores, lancer les nouvelles parties, vérifier les résultats.

Pendant que certains travaillent leur cerveau, d'autres travaillent leur corps. Cette année une nouveauté  un partenariat avec l'UFOLEP a été mis en place. Le matin, les plus grands font du sport pendant que les petits jouent aux échecs. L'après-midi, les rôles s'inversent. Sport et stratégie, chacun son tour, le combo gagnant.

Le format du tournoi est pensé pour ne laisser personne au bord du chemin. "Les enfants qui perdent un match continuent le tournoi et jouent contre d'autres enfants qui ont aussi perdu. Ça équilibre les forces. Les gagnants se retrouvent à jouer contre d'autres gagnants. À la fin, les parties sont plus équilibrées qu'au début," détaille-t-il. À l'arrivée, c'est un trophée par équipe, gravé au nom de l'école gagnante, remis en jeu chaque année.

Du côté des enfants, l'enthousiasme parle de lui-même. Manon, élève de l'école Saint-Exupéry, résume tout en une phrase. "J'aime bien, je m'amuse, je m'éclate, j'aime trop les échecs," lance-t-elle dans un sourire. Elle ne le sait pas encore, mais son école va remporter le trophée chez les petits quelques heures plus tard.

Et un constat qui revient à chaque édition. "Ce sont les écoles les plus assidues qui décrochent les meilleurs résultats. Là où les enseignants continuent à faire jouer les enfants pendant les récréations ou en classe entre les tournois, ça paie. Nous on vient une heure par semaine, c'est trop peu", insiste Étienne Join.

À l'arrivée, il lance un message simple à toutes les écoles du Gers qui hésitent encore. "Venez aux échecs. C'est le sport le plus dur du monde. Les règles sont complexes et déjà rien que de les assimiler, pour un enfant, c'est une belle victoire," conclut-il.

200 écoliers du Gers l'ont prouvé ce lundi à Auch. Le jeu le plus dur au monde est aussi peut-être le plus formateur.

Le palmarès 2026

Chez les petits (CP-CE1-CE2) : école Saint-Exupéry d'Auch.

Chez les grands (CM) : école Pont National d'Auch.

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