L’Université du temps libre a invité récemment Henri Calhiol (Société archéologique et historique du Gers) sur un sujet historique : le premier accident aéronautique mortel de l’histoire du département au XIXème siècle.
Partant d’une légende (la Sainte Vierge tombée du ciel à Montesquiou un jour de Foire de la Madeleine en juillet 1853) l’intervenant a mené une véritable enquête pour aboutir à l’analyse d’un fait divers dramatique aux ressorts odieux : une jeune femme de 20 ans avait été mise sans expérience et avec tromperie dans la nacelle d’une montgolfière par un organisateur de spectacles aériens mû par l’appât du gain. Cet envol à Mont-de-Marsan pour les Fêtes de la Madeleine, pour un saut de puce, va voir la disparition de l’engin dans les nuages à la surprise du public.
Le corps de la passagère tombera du ciel à 75 km de là 2 heures 30 plus tard près d’un groupe de moissonneurs, générant une légende en l’absence de montgolfière. L’épilogue se jouera en Correctionnelle.
Cette conférence aura été l’occasion pour les adhérents de se souvenir que ce sont deux Français (les frères Montgolfier) qui furent les pionniers de l’aéronautique en réalisant en 1783 le rêve d’Icare. Elle aura également permis de découvrir que durant près de 120 ans, l’aviation n’étant pas encore apparue, les envols de montgolfières étaient un spectacle très prisé du public et très lucratif pour ces entrepreneurs.
Mais surtout, le conférencier donnera la clé du mystère : on ignorait alors la dangerosité des thermiques dûs aux cumulonimbus, ces monstres capables d’avaler tout ce qui vole, de le détruire et de le recracher plus loin des heures après. Emma Verdier avait été aspirée à quelque 9 000 mètres d’altitude par moins 45° dans l’enfer d’une nuit de tempête et de foudre. On ne retrouvera jamais la montgolfière qui fut déchiquetée et dispersée sur des kilomètres.
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