Société archéologique du Gers, communications mars 2026

Lectoure.jpg
Lectoure.jpg

La Société Archéologique, Historique, Littéraire et Scientifique du Gers a tenu sa séance de rentrée le mercredi 4 mars 2026 à 14 h 30, au siège de l’association, 13 place Salluste du Bartas à Auch sous la présidence de Jacques Lapart.

Communications :

Georges Courtès, L'alimentation en eau de la ville de Lectoure au XIXe siècle : entre le monumental et l'utilitaire.

L'eau a toujours été la préoccupation majeure de nos anciens pour leur alimentation personnelle et pour celle de leurs troupeaux. Et quand la ville a été établie sur une hauteur, comme c'est le cas de Lectoure, le problème peut se révéler encore plus complexe.

L'eau ne manque pas à Lectoure ! on le doit à la géologie ; le sous-sol du promontoire bâti s'infiltre et ressort sous forme de résurgences : la plus célèbre, la Fontaine Hountélie. Pour se ravitailler plus proche les autorités et les riches familles ont creusé des puits ; on en compte plus de 50, certains à l'intérieur même des mais correspond à une alternance de couches calcaires et de couches de marnes/argiles ; l'eau Au XIXe siècle, la population encore plus nombreuse que les siècles précédents, au prise avec de fréquentes sécheresses, avec des épidémies, réclame une eau de meilleure qualité : en trainant les pieds les maires réalisent quelques aménagements ou constructions monumentales  comme la Fontaine sur la place de la cathédrale : elle ne fonctionnera jamais, sujets de dispute, elle sera vite démolie...On abandonne aussi le projet d'élever l'eau du Touron jusqu'à la ville...

La sécheresse de l'été 1893 force les élus à prendre une décision moderne : l'eau sera prise au Gers, au niveau du Moulin de Repassac, élevé par des pompes jusqu'à un château d'eau, monumental, construit au niveau du Faubourg. Cette réalisation tardive se révèlera insuffisante lors de l'arrivée de plus de 3000 Alsaciens en 1939 ; il faudra construire un second château d'eau. Longtemps les bourgeois de la ville sont restés sourds aux demandes et, lorsqu'ils ont décidé ce furent des constructions plus monumentales qu’utilitaires !

Bernard Vandeplas, La mémoire de la Révolution française et de Robespierre sous la Seconde République dans la presse gersoise

La Révolution de 1848 marque une étape importante dans la résurgence de Robespierre et plus globalement de la Révolution. 1848 poursuit la Révolution non aboutie de 1789-1799. Pour les révolutionnaires du Gers de 1848, "La Grande Révolution" est une référence incontournable. La mobilisation démocrate se fait, entre autres, mais surtout par la presse, qui utilise la mémoire de 1789-1793 et de ses acteurs principaux, notamment Robespierre. Cette arme politique est utilisée lors des périodes électorales, de forte tension et de peur d'un coup d’État. Les républicains du Gers, pour survivre, se radicalisent. Les journaux Républicains et Montagnards (ainsi que les sociétés secrètes) participent à la mobilisation des esprits. Si bien que ces républicains gersois se mobilisent lors du coup d’État de Louis Napoléon Bonaparte le 2 décembre 1851. La révolte est un échec et la répression est terrible. Il semble important de comprendre que cette mobilisation est en partie le fait d'une presse républicaine active, qui utilise la mémoire de la Grande Révolution et de ses grands hommes, notamment Robespierre.

Info-Culture : Un tableau original restauré dans l'église de Lahitte.

Dans le sud de l’église, une chapelle de la Vierge ou du Rosaire possède une toile peinte, restaurée en 2024 : une Vierge et l’Enfant, avec un personnage féminin agenouillé, de rang royal, vêtu d’un manteau-cape orné de fleurs de lys et d’hermines brodées. Qui est-ce ? L’hypothèse la plus probable : ce serait Jeanne de France (1464-1505), fille du roi Louis XI , sœur du roi Charles VIII (qui épouse Anne de Bretagne), mariée avec son cousin Louis duc d’Orléans, futur roi Louis XII. Répudiée en 1498, nommée duchesse de Berry, elle fonde en 1502, l’ordre monastique des sœurs de l’Annonciade de la Vierge Marie. Des couvents sont fondés dans plusieurs villes dont un à Agen. En 1875, un descendant, Odet Ducos de Lahitte, percepteur à Agen, marié à la fille d’un riche bourgeois, rachète le petit château de Lahitte et revient au village. Peut-être a-t-il récupéré ce tableau venant de l’ancien couvent des sœurs de l’Annonciade d’Agen pour l’apporter à Lahitte.

Suggestions de lecture

Commentaires

Suggestions de lecture