Douze millions d’années après, ils ont refait surface …..Pour ceux qui l’ignorerait , il s’agit des mastodontes qui peuplaient notre région , dans une période allant de 12 à 15 millions d’années environ , à une époque que les géologues appellent le miocène, une large période de l’ère tertiaire , le climat et paysage étant bien différents de ce que nous connaissons aujourd’hui. Rien à voir avec les collines d‘aujourd’hui….. Nous étions, sous un climat beaucoup plus chaud , dans une zone marécageuse dans laquelle se déversaient les torrents descendant des Pyrénées et où vivait une faune constituée des ancêtres de bien des animaux actuels, parmi lesquels les célèbres mastodontes , ainsi appelés en raison de la forme particulière de leurs molaires et qui n’étaient pas forcément énormes comme beaucoup le pensent à tors .
Depuis un siècle et demi environ, des fossiles ont été découverts dans toute la région de Simorre sur des sites qui passeront à la postérité comme Malartic ou en Péjouan , retenant l’intérêt des plus grands paléontologues du monde entier. Vivien Riout, un passionné des fossiles a eu l’idée de faire participer la commune au budget participatif de la région Occitanie afin d’obtenir une subvention , pour valoriser ces découvertes une initiative qui a séduit le maire Eric Truffi. aussitôt engagé dans ce projet . Pari réussi, 64 000€ du budget participatif ,implication à tous les niveaux de la commune de Simorre . Aussi a-t-il été envisagé un parcours paléontologique , autour des trois plus emblématiques reconstituions grandeur nature , installées sur un terrain proche du Musée paysan d’Emile, avec en fond une énorme fresque réalisée par un artiste vicois reproduisant ces animaux dans leur milieu naturel .Ont donc été sélectionnés pour ce parc paléontologique exceptionnel le Brachypotherium brachypus, le plus petit comparé à un rhinocéros court sur patte qui a trouvé sa place dans une lagune, le Gomphoterium angustidens, sorte d'éléphant sans trompe avec des défenses de morse et enfin le plus grand, 3m50 de haut, est un Deinotherium giganteum qui il ressemble à un immense éléphant.
Ces trois animaux ont été reconstitués avec comme modèle des fossiles en partie découverts à Simorre . Cette reconstitution a été confiée à la société Ophys, basée dans le Lot-et-Garonne près d'Agen, et au talent d'Emmanuel Janssens son directeur avec le concours d’un ami sculpteur . Ils ont suivi les conseils des anciens directeurs des muséums de Toulouse et de Paris, notamment Mrs Christian Demaizon , Francis Duranthon et Pascal Tassy qui avaient participé aux fouilles à Simorre., dans les années 70. Tous étaient d’ailleurs présents pour ce jour mémorable de l’installation du plus majestueux
Pas moins de cinq mois de travail ont été nécessaires pour reproduire le majestueux Deinotherium giganteum, une fois et demi la taille des éléphants actuels et pesant plus d’une tonne. De la mousse expansé de polyuréthanne a été injectée sur une structure en bois avant d’être minutieusement sculptée puis recouverte d’une résine utilisée pour les coques de bateaux, pour finir par plusieurs couches de peinture
Vendredi 20 février , tout Simorre, malgré des conditions météo déplorables et un terrain très boueux, était mobilisé pour assister à l’installation du dernier et du plus grand des trois spécimens qui occupent désormais le Parc des Géants du Miocène. Arrivé, vu sa taille, sur une plateforme de camion surbaissée, il a été déchargé par une grue de l’entreprise Troisel, restant de longues minutes suspendu à une belle hauteur avant de se poser avec une précision chirurgicale sur le support qui lui était destiné. Beaucoup d’émotion pour Emmanuel Janssens , lorsqu’il a retiré les sangles qui ont soutenu le géant lors de son transfert aérien. Pour tous les élèves de l’école de Simorre, arrivés avec une maquette de l’un de ces géants qu’ils avaient construite eux-mêmes, c’était aussi un jour exceptionnel. Ils n’en croyaient pas leur yeux en voyant ces géants qu’ils pouvaient même toucher , répondant aussi aux questions que s’amusaient à leur poser Mr Duranthon pour susciter encore davantage leur intérêt et les faire vraiment participer à cet évènement
Mais les curieux devront attendre cet été pour découvrir ce parcours pédagogique qui retracera l’histoire du Miocène, ses paysages et sa faune disparue. Un superbe projet qui va donner une dimension nouvelle à ce petit village de 700 âmes et qu’il faut mettre à l’actif d’une poignée de volontaires éclairés , sans oublier Eric Truffi , le maire qui va laisser une réalisation hors du commun.
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