Auriane Mensah-Nyagan, nouvelle directrice déléguée de l’hôpital de Vic-Fezensac

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Depuis le lundi 5 janvier 2026, l’hôpital de Vic-Fezensac a une nouvelle directrice déléguée. Âgée de 31 ans, Auriane Mensah-Nyagan arrive avec une solide expérience de terrain et affiche une volonté claire : s’inscrire dans la durée et apporter de la stabilité aux équipes.

Rencontre.

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours ?

Je m’appelle Auriane Mensah-Nyagan, j’ai 31 ans et je suis la nouvelle directrice déléguée de l’hôpital de Vic-Fezensac. J’ai suivi pendant deux ans la formation de l’EHESP, l’École des Hautes Etudes en Santé Publique, qui forme les directeurs d’établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux. J’y suis entrée en 2024 après avoir réussi les concours internes en 2023.

Avant cela, j’ai exercé comme infirmière pendant sept ans, principalement en soins généraux, dans différents services hospitaliers. J’ai travaillé en Île-de-France, dont je suis originaire – je viens de l’Essonne – mais aussi à l’étranger, avec une expérience d’un an à Montréal, au Québec. Cette diversité de parcours m’a permis de découvrir différentes organisations de soins, à l’hôpital comme en EHPAD.

Pourquoi avoir choisi cette voie de direction ?

C’est pour moi une évolution professionnelle naturelle. J’ai toujours souhaité m’investir dans le système de santé, au plus près des patients et des résidents. En tant qu’infirmière, j’aimais particulièrement le contact avec les personnes vulnérables, les accompagner, les aider, leur dispenser des soins.

Après mon baccalauréat, j’hésitais encore sur mon orientation. J’ai commencé comme agent de service hospitalier en EHPAD tout en préparant les concours infirmiers. Ce premier contact avec les personnes âgées a été déterminant et a conforté mon choix.

La crise du Covid a aussi été un moment clé de réflexion. Je me suis interrogée sur la résilience de notre système de santé : malgré la crise, il a tenu. Je me suis alors demandé comment je pouvais m’engager autrement, à une autre échelle, dans un secteur qui ne touche pas uniquement au soin mais aussi à l’organisation. En échangeant avec des cadres et des directeurs que je connaissais, j’ai découvert les concours internes, que j’ai passés en 2023.

Vic-Fezensac est votre premier poste en tant que directrice. Pourquoi ce choix ?

J’avais déjà des attaches dans le Sud-Ouest. Des amies infirmières sont installées du côté de Toulouse, et une amie proche, que je connais depuis douze ans, est originaire de Gimont. Elle me parlait souvent du Gers comme d’un département où il fait bon vivre.

J’avais également découvert Vic-Fezensac grâce à ma sœur, qui vient tous les ans au festival Tempo Latino pour danser. Lorsque la liste des postes a été publiée, le nom de Vic-Fezensac m’a tout de suite interpellée. La fiche de poste et les missions proposées m’ont parlé immédiatement. J’ai alors contacté Mme Lacarrière et nous nous sommes rencontrées en octobre.

Une question que l’on doit vous poser souvent : allez-vous rester ?

Oui, c’est clairement mon souhait. J’ai la volonté de m’ancrer ici, pour apporter de la stabilité aux équipes. Je ne me vois pas débuter des projets et repartir ensuite. C’est le début de ma carrière, et j’ai envie de rester.

J’ai conscience des difficultés qu’a pu traverser l’hôpital. Mme Lacarrière a été très transparente avec moi, et c’est même ce qui m’a motivée.

Ayant déjà connu, au cours de mon parcours, des établissements traversant des périodes de changements managériaux, j’aborde cette prise de fonction avec la conscience des enjeux qu’elle implique et la volonté de construire, avec les équipes, un cadre stable et sécurisant.

Mon approche sera de prendre le temps, d’écouter les professionnels, les résidents, les patients du secteur SMR, et d’avancer par étapes, sans remue-ménage. Je tiens aussi à remercier ma prédécesseuse pour le travail accompli : l’installation des rails dans les chambres, les travaux de rénovation de la cuisine, ou encore la création d’un poste supplémentaire de nuit sont des avancées importantes, dont certains projets se concrétiseront en 2026. Les échanges avec Mme Linette pendant trois mois en amont de mon arrivée ont d'ailleurs été très constructifs .

Après quelques jours, quelles sont vos premières impressions sur l’établissement ?

J’étais déjà venue en octobre et en décembre, ce qui m’avait permis d’avoir un premier regard. L’établissement est à taille humaine, avec une vraie proximité entre les équipes et les résidents. C’est exactement ce que j’aime.

Les locaux sont récents, beaux, lumineux, spacieux, et on sent que les personnes s’y sentent bien. Il y a de la vie, de l’énergie. Mes premières impressions sont donc très positives.

Quels sont vos projets et vos priorités ?

Ma priorité est de faire aboutir les projets déjà initiés en fin d'année dernière, tout en veillant à la consolidation de la situation financière de l'établissement dans le cadre du plan de retour à l'équilibre.

Cela concerne notamment l’installation de sonnettes dans les chambres doubles, afin d’augmenter les capacités d’accueil, et la poursuite de l’installation de rails dans toutes les chambres, pour améliorer à la fois les conditions de travail des soignants et la sécurité des résidents.

Nous allons également travailler sur la coupe PATHOS, une évaluation des besoins en soins de l'EHPAD. Elle permet d’adapter les financements accordés par les autorités de tutelle et de garantir le bon nombre de professionnels pour assurer une prise en charge de qualité et en toute sécurité. Ce projet sera mené en lien étroit avec le médecin, les équipes soignantes et les cadres.

Un autre chantier important concerne le projet d’établissement, qui arrive à échéance en 2026. Je souhaite initier un travail de recueil de la vision des équipes sur la vie de l’établissement, afin de construire un projet partagé et la préparation à la certification HAS du SMR en 2027.

Enfin, je tiens beaucoup à la question de l’encadrement. L’arrivée prochaine d'une infirmière faisant fonction de cadre de santé à partir du 12 janvier, est une étape importante. Elle est très motivée, s’est récemment installée dans le Gers et bénéficiera d'une prise de fonction progressive. Sa candidature spontanée témoigne d’une réelle volonté de s’investir. L’objectif est d’apporter de la stabilité, de remettre en place des réunions institutionnelles et de renforcer les échanges, y compris avec les familles.

Un mot pour conclure ?

Je tiens à remercier sincèrement l’ensemble des équipes pour leur accueil très chaleureux, partout où je suis passée. Je suis très heureuse d’être ici. Je me fie à mes premières impressions, et elles sont bonnes.

Je sais aussi que désormais, on attend des actes. Alors, il n’y a plus qu’à prouver !

Nous souhaitons une bonne installation à Mme Mensah-Nyagan.

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