Pour la troisième année consécutive, le hameau de Grazimis a accueilli les Aguilhonès, ce samedi 20 décembre. Porté par l’association Vivre à Grazimis, cet événement remet à l’honneur un rituel ancestral gascon tout en répondant à un enjeu très actuel : maintenir le lien social en milieu rural, notamment durant la période hivernale.
« L’été, dans le Gers, il se passe beaucoup de choses au niveau associatif. L’hiver beaucoup moins et c'est pourtant là que le lien social devient essentiel », souligne Christian Escalup, co-président de l’association aux côtés de Bernard Balleton. Créée il y a trois ans, l’association Vivre à Grazimis rassemble aujourd’hui un conseil d’administration de quinze membres, de tous âges, avec un objectif clair : faire vivre le hameau tout au long de l’année. « Toutes nos actions ont lieu en hiver, parce que c’est à ce moment-là que les gens en ont le plus besoin », précise-t-il.
Une tradition ancienne
Cette volonté de créer du lien s’appuie sur une tradition très ancienne. « C’est un rituel qui avait disparu au XIXᵉ siècle, avant de réapparaître brièvement entre les deux guerres, puis de s’éteindre à nouveau », rappelle Christian Escalup. Autrefois, les Aguilhonès, fermiers, ouvriers agricoles et habitants des campagnes, se réunissaient chaque samedi de l’Avent pour aller de ferme en ferme « désenvoûter » les maisons et chasser les mauvais esprits, sorcières et malfaisants.
Munis d’une lampe, d’un enfumoir et de l’Aguilhada, symbole des laboureurs, ils menaient une cérémonie chantée. En échange de leur protection, les habitants offraient des victuailles. « Si les villageois donnaient, les paroles étaient bienveillantes. S’ils ne donnaient rien, elles devenaient beaucoup plus dures », explique le co-président.
Un moment de partage
Ce samedi, la tradition a revécu symboliquement à travers une tournée porte-à-porte dans le hameau, avant une grande soirée organisée à partir de 19h30 à l’ancienne chapelle d’Escrimis. Entre 80 et 100 personnes se sont réunies pour partager plats salés ou sucrés, vin chaud et chants. « Le soir, tout le monde se retrouve, on partage ce qui a été récolté, on discute, on chante », décrit Christian Escalup.
Ouverte à tous, la soirée est aussi l’occasion d’accueillir les nouveaux arrivants. « Si on veut faire vivre le hameau, il ne faut surtout pas rester entre nous », insiste-t-il. Les enfants du village, également présents tout au long de la journée, participent pleinement à la transmission de cette culture gasconne, ancrée dans le partage et la convivialité.
Crédit photo : © Christian Escalup
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