Marc Bégué et David Spindler, l’Histoire de Castex, en Astarac

7-12-2025 - Photo David Marc - gp aaaa.jpg
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Dimanche 7 décembre, dans la salle des fêtes de Castex, un public nombreux, venu également des villages voisins, a suivi avec intérêt deux exposés sur le passé de leur village. Le premier, présenté par Marc Bégué, concernant divers aspects de la vie et des transformations du village au 19ème siècle et le second, par David Spindler présentant quelques métiers disparus de nos villages : forgerons, tisserands et tailleurs.

Comme tous les communes rurales, Castex comptait au 19ème une population bien supérieure à celle d’aujourd’hui. Ainsi, lors du recensement de 1836, elle s’élevait à 432 habitants. Mais ce chiffre allait progressivement diminuer et se stabiliser autour de 300 jusqu’à la veille de la 1ère guerre mondiale.

Dans les fermes, souvent petites, on trouvait un élevage varié, quelques vaches mais aussi des moutons et des porcs dont la race Miélanaise allait faire la prospérité des marchés et foires de la région.

En plus des traditionnelles céréales, la vigne avait une place importante dans l’activité agricole et était bien implantée sur les coteaux dominant la vallée du Bouès, assurant ainsi aux agriculteurs un revenu correct. Mais entre 1875 et 1885 le Phylloxéra va détruire en grande partie le vignoble gersois et obligera de nombreux exploitants à se reconvertir ou à partir vers les villes et souvent aussi à choisir l’émigration, vers l’Amérique et principalement la Nouvelle Orléans.

Cette vague migratoire, entamée depuis les années 1830- 1840, va impacter durablement la démographie du village à l’instar des cantons environnants.

Castex avait aussi une activité artisanale variée. Charpentiers, forgerons, charrons, sabotiers, cordonniers ou tisserands ainsi que plusieurs commerces (boulangerie, épicerie, boucher, café ...) faisaient de Castex, un village dynamique.

Le 19ème siècle et en particulier sa deuxième moitié seront également une période de profondes transformations.

Une nouvelle route vers Estampures, moins pentue, mieux adaptée au transport de marchandises et permettant de rejoindre plus facilement la vallée du Bouès.

Autre réalisation majeure qui videra les caisses de la commune, la construction d’une nouvelle église entre 1860 et 1864 suite à l’effondrement du clocher de l’ancienne.

Cette nouvelle église, dédiée à Saint Laurent, domine encore à ce jour le centre du village.

Quelques années plus tard, un autre projet va enfin s’imposer, la construction d’une école communale digne de la 3ème République et des lois de Jules Ferry pour un enseignement primaire obligatoire, gratuit et laïque, pour les filles comme pour les garçons. La commune va utiliser ses dernières réserves, vendre quelques terrains mais aussi se résoudre emprunter auprès du Crédit Foncier. C’est ainsi qu’en 1888 la nouvelle école et le logement pour l’instituteur verront le jour.

Précieux souvenirs de la fin du 19ème et début 20ème, plusieurs photos de classes, retrouvées par les descendants de l’instituteur Ulysse François Lagnoux ainsi que d’autres clichés immortalisant des villageois de l’époque, viendront illustrer l’exposé et donner envie au public de partir à la recherche de photos oubliées au fond d’une vielle malle ou d’un tiroir. 

L’intervention de David Spindler a retracé l’évolution de trois métiers artisanaux traditionnels à Castex : les forgerons, les tisserands et les tailleurs, du Moyen Âge jusqu’au XXᵉ siècle, en montrant leur rôle essentiel dans la vie rurale et leur progressive disparition avec l’industrialisation.

À Castex, le forgeron est présent depuis les origines du village. D’abord dépendant du seigneur, il devient indépendant à la Renaissance et fabrique outils agricoles, ustensiles domestiques et équipements pour d’autres artisans. Au XVIIIᵉ siècle, il est indispensable à l’ensemble des métiers manuels et devient maréchal-ferrant. Au XIXᵉ siècle, avec l’arrivée du fer industriel et des machines agricoles, son métier évolue avant de décliner. La dernière forge ferme à la fin des années 1970.

Le tissage du lin et de la laine est pratiqué localement depuis l’Antiquité. D’abord domestique et féminin, il devient un métier masculin à partir du XVIIᵉ siècle avec l’apparition de métiers à tisser plus complexes. Les tisserands de Castex exercent souvent cette activité en complément de l’agriculture. Leur nombre augmente au moment de la Révolution puis décline progressivement, le dernier cessant son activité avant la Première Guerre mondiale.

Le métier de tailleur, réglementé dès le XVIᵉ siècle, consiste à fabriquer des vêtements sur mesure à partir de draps fournis par les clients, tissés au village ou achetés aux marchands drapiers. Très présent à Castex à la fin du XVIIIᵉ et au début du XIXᵉ siècle, il décline avec l’apparition des tailles standards, des machines à coudre et du prêt-à-porter. Le tailleur devient progressivement un métier occasionnel, réservé aux vêtements de cérémonie. Les couturières, souvent jeunes femmes avant le mariage, sont en revanche nombreuses au XIXᵉ siècle.

Dans l’ensemble, on montre comment ces métiers ont accompagné la vie quotidienne du village avant d’être profondément transformés, puis marginalisés, par les évolutions techniques et économiques. Le texte complet de l’intervention de David Spindler se trouve sur www.castexenastarac.fr.

 

Pour compléter leurs recherches sur Castex, voulez-vous mettre à disposition des deux historiens, vos souvenirs, documents et photos ?

 

 

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