Les agriculteurs durcissent le mouvement, « l’abattage total, c’est la goutte de trop »

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La mobilisation agricole s’est intensifiée ce mercredi soir à Vic-Fezensac.

En début de semaine, des bottes de paille avaient déjà été déposées et brûlées sur les deux ronds-points de la rocade direction Auch et direction Nogaro.

Le mouvement s'est amplifié ce soir.

Dès la tombée de la nuit, des dizaines d’engins agricoles ont convergé vers la place du foirail, chargés de bottes de foin et de matériel, avant de se répartir sur les ronds-points stratégiques de la commune. Une action menée dans un esprit de solidarité entre cantons, face à une crise agricole jugée désormais insupportable.

Sur place, Maxence Alfonso, président des Jeunes Agriculteurs du canton de Vic-Fezensac, explique la détermination du mouvement :
« L’abattage total, c’est la goutte de trop. On subit toutes les augmentations depuis des mois, les charges explosent, et aujourd’hui on nous impose des décisions qui mettent en péril nos exploitations. »

Parmi les sources de colère, la gestion de la crise sanitaire occupe une place centrale. Si les vaccins ont bien été reçus, ils sont insuffisants.
« On a reçu les vaccins, mais il en manque, et la maladie continue à avancer », déplore le jeune responsable agricole, soulignant l’angoisse des éleveurs face à la propagation et aux mesures drastiques envisagées.

Les manifestants dénoncent également l’accord de libre-échange avec le Mercosur, perçu comme une concurrence déloyale. Importations de viandes produites à des coûts bien inférieurs, normes environnementales et sanitaires jugées moins strictes : pour les agriculteurs gersois, ces accords fragilisent encore davantage une filière déjà sous pression.

Dans la soirée, plusieurs foyers ont été allumés à partir de bottes de foin, symboles d’un monde agricole en feu. Les forces de l’ordre étaient présentes, mais l’action se voulait encadrée. « On laisse passer les voitures. Seuls les camions seront bloqués », précise Maxence Alfonso. « On reste ce soir, et on verra demain. »

Les Jeunes Agriculteurs de Vic-Fezensac insistent sur l’unité du mouvement : « Tous les cantons se réunissent. C’est une manière de montrer notre solidarité avec les autres. On est tous unis. »

Les manifestants prévoient de se diviser sur les deux ronds-points principaux de la commune afin de maintenir la pression.

À Vic-Fezensac comme ailleurs dans le Gers, le monde agricole entend faire entendre sa voix, déterminé à ne pas céder tant que des réponses concrètes ne seront pas apportées.

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