C'est sous la pluie que salariés de Gerstube, syndicalistes de la CGT et habitants se sont rassemblés dès le matin devant les locaux de la mairie où se tient un CSE exceptionnel. Sept mois après l’incendie d’avril 2025 et l’annonce de la non-réouverture du site par le PDG, cette journée est jugée « décisive » : plusieurs expertises — comptable, conditions de travail et accompagnement psychologique — doivent être présentées, éclairant enfin des mois d’incertitudes.

Des salariés à bout : “On se sent comme des pions”
Parmi les employés présents, Malaury, régleuse au moulage depuis 25 ans, résume un sentiment largement partagé : « Le PSE n’est pas du tout à la hauteur de ce qu’on attendait. On nous considère comme des pions. »
Touchée psychologiquement par l’incendie puis par la décision du PDG de ne pas reconstruire le site, elle décrit une situation devenue intenable : « On ne dort plus la nuit. Le licenciement n’est pas encore acté, tout traîne. Heureusement que ma famille est là. »
Elle dénonce un supra-légal jugé “ridicule”, alors que le PDG, selon elle, « partira avec beaucoup ». « On demande juste un respect minimum et de quoi partir dignement. Il ne veut même pas nous recevoir. »
Les salariés affirment n’avoir obtenu des informations sur l’avenir du site qu’à travers leur délégué syndical CGT, Christophe Boronad, « en sept mois de crise ».
« En 25 ans de carrière, je n’ai jamais vu un tel manque de considération », ajoute Malaury.
La CGT demande une révision des mesures prévues:
Présent aux côtés des salariés, Fabrice Lamarque, secrétaire général de l’Union départementale CGT, dénonce un choix patronal « injustifié et évitable ».
« On est là pour soutenir 60 salariés qui perdent leur emploi, et un territoire qui perd encore une entreprise. D’autres solutions existaient, notamment la création d’une SCIC avec les salariés, le PDG et les collectivités. »
Il pointe également un PSE « indigne », rappelant les propositions jugées dérisoires : 1 mois de supra-légal pour moins de 5 ans d’ancienneté, 4 mois pour plus de 20 ans d’ancienneté. « Pour des gens qui ont créé la richesse de l’entreprise, c’est indécent. »
Il souligne que le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, a lui-même déclaré à l’Assemblée nationale qu’il fallait « maximiser le PSE ».
Selon lui, les expertises rendues ce lundi devraient confirmer deux points majeurs : le patron avait les moyens de reconstruire, l’entreprise a largement les moyens d’augmenter les primes. « L’État doit maintenant prendre ses responsabilités », insiste-t-il.

Christophe Boronad (CGT) : “Nous sommes très loin des attentes”
Pour le délégué syndical Christophe Boronad, les jours à venir seront cruciaux : « Le supra-légal n’est pas du tout à la hauteur, surtout au regard des assurances et des moyens de l’entreprise. »
La date butoir du PSE est fixée au 5 décembre, laissant seulement quinze jours de négociation : « On attend que le PDG réagisse aux expertises et qu’il prenne enfin conscience de la situation humaine. »
Soutien des associations et de la population : “Du mépris complet”
Isabelle Marie, présidente de l’association Vic Kiosque, est venue exprimer sa solidarité : « Je suis navrée du manque de courage du PDG. Il ne parle pas aux salariés. C’est un mépris total. » Elle rappelle que toutes les familles du secteur sont touchées, et appelle au dialogue pour sortir de l’impasse.
Élus mobilisés autour du dossier
La maire de Vic-Fezensac, Barbara Neto, s’est rendue disponible, rappelant que la commune met ses locaux à disposition pour les réunions liées au PSE.
Elle souligne un climat de discussion difficile et exprime des réserves quant à la transparence du processus. Elle s’interroge notamment sur le niveau des mesures supra-légales proposées et leur capacité à compenser la période de chômage partiel précédant l’abandon du projet de reconstruction.
Présence du PDG mais absence de déclaration
Le PDG de Gerstube était présent à l’ouverture du CSE.
Il n’a toutefois pas souhaité faire de déclaration ni répondre aux sollicitations extérieures, ce qui a été relevé par plusieurs salariés et observateurs, dans un contexte où les attentes de dialogue restent fortes.
Une journée clé pour la suite
Avec deux expertises demandées par le CSE (comptable, conditions de travail) et une par le PDG (accompagnement psychologique), cette journée du 24 novembre pourrait marquer un tournant.
Les salariés espèrent désormais obtenir des réponses sur :
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les assurances,
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l’état réel de la trésorerie,
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les marges de manœuvre du PSE.
Ils souhaitent également être reçus par le Préfet, suite aux déclarations du Ministre.
Une mobilisation qui ne faiblit pas
Malgré la pluie, la colère et l’amertume restent intactes devant un PSE jugé « insuffisant », « indigne » et « opaque ».
À quelques jours de l’échéance du 5 décembre, salariés, habitants, élus et syndicats d’un territoire déjà éprouvé promettent de poursuivre la mobilisation pour obtenir respect, transparence et reconnaissance.

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