Nogaro : une histoire très documentée de la course landaise

Conférence de François Bordes

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   Ci-dessus, travail pédagogique gascon Pitchouns et Gascounets (photo projetée par François Bordes)

Le 15 octobre 2025, François Bordes a donné une conférence à Nogaro, organisée par le Centre social et culturel le Clan. Et présentée par Danielle Marseillan, de l'atelier-histoire du Clan.

Une conférence passionnante qui intéresse tout le Gers, puisqu'il s'agit de l'histoire de la course landaise.

   François Bordes

Qui mieux que lui pouvait donner une telle conférence : François Bordes est inspecteur général des Patrimoines honoraire, chargé du pôle Culture et Patrimoine de la Fédération française de la course landaise. De plus, il a publié un livre sur ce sujet (La course landaise, une vieille dame pleine de vie).

 

La course landaise aujourd'hui

La course landaise, c'est :

  • 250 licenciés (écarteurs, sauteurs, entraîneurs, cordiers, vachers)

  • 1 500 vaches landaises (environ) réparties dans 13 élevages

  • 210 associations ou clubs taurins

  • 500 course par an (environ) sont organisées par ces associations sur le territoire français, essentiellement dans le Sud-Ouest

Description sommaire de la course landaise

« Une pratique sportive et culturelle caractéristique du Sud-Ouest de la France, qui met en présence, face à face, un homme et une vache sauvage dans un espace dédié, les arènes. L'art de l'esquive est ici pratiqué à un haut niveau par un jeu d'écarts ou de sauts auquel répond la vivacité et l'intelligence de la coursière (vache). (…) On y vient en famille et entre amis comme on décode les signes de cet art aux touristes de passage ».

« La course landaise ne peut se concevoir sans musique avec un répertoire dédié (...) ».

À propos de la musique, le conférencier interroge un écarteur présent dans la salle sur l'effet de la musique. Celui-ci répond qu'elle rend la concentration plus difficile.

Un peu d'histoire

Pas de lien avec les traditions de l'Antiquité

Le conférencier commence par nier toute filiation entre les différentes traditions religieuses des Égyptiens, des Grecs, des Crétois et des Romains avec la course landaise. On sait que le taureau était un attribut du dieu du soleil, dans l'ancienne Égypte et l'attribut de Zeus-Jupiter chez les Grecs et les Romains.

Il y a pourtant un bas-relief trouvé dans le temple de Cnossos, en Crète, dont François Bordes projette une reproduction. Elle montre trois jeunes gens qui « semblent » sauter par-dessus un taureau. Et cette civilisation minoenne date de 2700-1200 avant J-C.

   Fresque du palais de Cnossos (photo projetée par François Bordes)

 

Un jeu, puis un spectacle, puis un sport

  • du XIIIe au XVIII siècle, c'est l'enfance de la course landaise : par jeu, on fait courir vaches, taureaux et bœufs dans les rues des villages du Sud-Ouest ; les autorités tentent d'interdire ces pratiques très populaires, comme essaie de le faire un premier édit datant de 1280 : peine perdue ; on trouve la mention de courses de taureaux dans les années 1450 à Saint-Sever ; mais la plus ancienne mention de courses de vaches date de 1469-1470 à Moumour (Pyrénées Atlantiques) ; Gilles Boutault, évêque d'Aire-sur-l'Adour de 1625 à 1649, essaie quatre fois, sans résultat, d'interdire les courses de vaches ; puis les autorités décident d'autoriser les courses de vaches, si elles ont lieu dans des endroits clos, d'où la naissance des arènes ; le nombre de villages de la course landaise augmente sensiblement, surtout au XVIIIe siècle

   L'évêque d'Aire essaie d'interdire les courses tous les sept ans (photo projetée par François Bordes)

  • au début du XIXe siècle, la course landaise obtient droit de cité comme spectacle : Alexandre Méchin, premier préfet des Landes, déclare : « Qu'importe qu'ils se tuent, pourvu qu'ils s'amusent ! » ; l'arrêté préfectoral du 14 prairial An 10 réglemente  officiellement les courses. Il contient cet article : « L'entrée de l'arène est expressément interdite pendant la course aux femmes, aux hommes en état d'ivresse, aux enfants en-dessous de douze ans »

   Feinte de Darracq (document projeté par François Bordes)

 

   Course landaise à Aire en 1838

 

   Premier saut périlleux par Kroumir en 1886 (document projeté par François Bordes)

   Document projeté par François Bordes

 

  • en 1831, création de la feinte de Darracq, qui ressemble fort à l'écart d'aujourd'hui ; la course landaise devient un sport avec, aussi, les sauts : en 1886, Kroumir exécute le premier saut périlleux aux fêtes de Peyrehorade ; en 1887, les écarteurs et les sauteurs triomphent à Paris aux Fêtes du soleil ; en 1953, c'est la création de la Fédération française de la course landaise ; en 1956 a lieu à Nogaro, le premier Championnat de France des écarteurs, organisé par Robert Castagnon et Roger Carrère.

Cette conférence, très claire, pleine de faits intéressants, a beaucoup intéressé les spectateurs-auditeurs, qui ont posé des questions, ce qui un signe de succès.

     Document projeté par François Bordes

 

   Les premières femmes écarteurs en 1980  (photo projetée par François Bordes)

   Champions de France 2025 Jean Ducassou Kevin Ribeiro (photo projetée par François Bordes)

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