Les Fleurs de Vic : le chrysanthème, une tradition toujours bien vivante

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À l’approche de la Toussaint, la devanture des Fleurs de Vic attire le regard. Ses alignements de chrysanthèmes colorés, soigneusement disposés, annoncent l’un des moments forts de l’année pour Marie Redon, fleuriste installée à Vic depuis 2008.
« Je travaille toujours avec le même producteur d’Auch », confie-t-elle. « Ce sont des chrysanthèmes cultivés sous serre, de très belle qualité. » Une collaboration de confiance, qui permet à la fleuriste de proposer chaque automne de nouvelles variétés et des teintes lumineuses, comme des jaunes éclatants qui illuminent la devanture.

Une fleur d’or venue d’Orient

Originaire d’Asie, le chrysanthème tire son nom du grec chrysos (or) et anthemon (fleur), littéralement « fleur d’or ». Symbole de longévité et de joie au Japon, où il est la fleur impériale, il a été introduit en Europe au XVIIᵉ siècle.
En France, son destin a pris une tout autre signification au XXᵉ siècle. Après la Première Guerre mondiale, le 11 novembre 1919, le gouvernement invite les Français à fleurir les tombes des soldats morts au combat. Le chrysanthème, alors en pleine floraison à cette période, s’impose naturellement. Depuis, il est devenu la fleur emblématique de la Toussaint, symbole de souvenir, de fidélité et d’éternité.

Un attachement qui ne se dément pas

« Les gens continuent à fleurir les tombes avec des chrysanthèmes », constate Marie Redon. « Nos ventes sont constantes. Les clients viennent les réserver ou les acheter trois ou quatre jours avant la Toussaint, pour qu’ils soient bien ouverts le jour où ils les déposent. »
Les goûts évoluent un peu chaque année : « L’an dernier, le chrysanthème boule a été le plus demandé, alors qu’avant c’était plutôt les petites fleurs.»

La canicule estivale a compliqué la production. « Le producteur a eu du mal à les faire venir, d’où une petite augmentation de prix cette année », explique la fleuriste. Malgré cela, la demande reste forte : « Chez nous, le chrysanthème part très facilement. Il est peu remplacé par des compositions ou d'autres fleurs. »

Concurrence et respect du métier

Marie Redon tient à démentir les propos qui lui ont récemment été prêtés dans la presse locale , selon lesquels la concurrence des supermarchés, qui proposeraient des fleurs de moindre qualité, pèserait sur ses ventes.
« Il y a de la concurrence, bien sûr — comme le marché du vendredi — mais cela ne perturbe pas notre activité. Il y a de la place pour tout le monde, et pour toutes les bourses », précise-t-elle, sans jamais dénigrer les autres producteurs. « Chaque fleuriste, chaque producteur a son savoir-faire. »

Une fleur qui renaît

Et pour ceux qui souhaitent prolonger leur floraison, la fleuriste partage un conseil transmis de génération en génération : « Ma grand-mère replantait ses chrysanthèmes dans son jardin. On peut les dépoter, les rempoter ou les laisser en pot. Ils repartiront l’année suivante s’ils sont à l’abri de la chaleur et bien arrosés. »

Un beau symbole pour cette fleur du soleil, synonyme de mémoire et de renaissance, qui continue d’illuminer la Toussaint à Vic comme partout en France.

 

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