Projet sonore & exposition : Ouvrir la voie #GERS

Déplier nos oreilles pour écouter l’histoire des femmes.

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Un projet sonore en cinq épisodes co-produit par les Archives départementales du Gers et la compagnie théâtrale La Langue Écarlate

Du 17 octobre 2025 au 8 mars 2026

Sur le parvis des Archives départementales du Gers

Gratuit, tous les jours 7h00-20h00

L’Histoire, telle qu’on la raconte encore trop souvent, oublie les femmes. Dans une volonté forte de travailler à l’égalité entre hommes et femmes dans tous les domaines, le Département du Gers, par l’intermédiaire des Archives départementales, lance la création d’une « carte du matrimoine gersois » : un projet évolutif qui présente les biographies de Gersoises qui ont contribué à l’histoire du département. Le matrimoine, terme désignant l’héritage culturel transmis par les femmes, mérite d’être redécouvert et valorisé au même titre que le patrimoine traditionnel.

Ce projet innovant s’appuie sur l’expérience de la compagnie théâtrale La Langue Écarlate de Gimont, dirigée par Hélène Mathon, autour de la mémoire des femmes. En 2022, la compagnie a créé « Ouvrir la voie #Roubaix » dans le cadre du festival Urbaines initié par la Condition publique. Ce projet a mis en avant la vie de cinq Roubaisiennes via des podcasts réalisés avec des habitantes et diffusés dans l’espace public. Il a permis de contribuer à la réappropriation collective de cet héritage oublié de la ville.

« Ouvrir la voie #Gers » prolonge cette démarche. Grâce à son partenariat avec les Archives départementales, la compagnie s’est immergée dans les fonds d’archives afin de puiser directement à la source historique, consulter des documents originaux et de s’imprégner de l’atmosphère des lieux de conservation. Les artistes deviennent ainsi des passeurs entre le passé et le présent, transformant la matière archivistique brute en récits sonores captivants qui donnent chair et voix à ces femmes peu connues voire oubliées.

Cette exposition est le résultat du travail partenarial entre les Archives départementales du Gers et La Langue Écarlate. Elle met en lumière la vie de cinq femmes : Marguerite Dilhan, l’une des premières avocates, native de Miélan, à avoir plaidé aux Assises ; Marie Laurent, élue maire de Gavarret-sur-Aulouste en 1953 ; Léa Saint-Pé, accordéoniste de Polastron, connue pour avoir animé de nombreux bals populaires ; Louise Despaux, de Sainte-Dode, qui symbolise le combat des femmes confronté à l’avortement et à ses conséquences avant sa légalisation ; et Julie St-Avit, résistante et déportée, « morte pour la France », dont une place de Vic-Fezensac porte le nom. Cinq femmes exceptionnelles de notre territoire qui ont vécu entre 1840 et 2000 et se sont illustrées dans des domaines bien différents. Pour chacune d’elles, une courte biographie est proposée ainsi qu’une invitation à écouter un podcast de docu-fiction inspiré d’un moment de leur vie.

Ce partenariat illustre une approche moderne de la valorisation patrimoniale. Il conjugue innovation numérique, création artistique et ancrage territorial pour offrir de nouveaux récits et modèles inspi­rants. Les podcasts, véritables œuvres d’art sonores, donneront vie aux archives et rendront accessible ce patrimoine méconnu.

« Ouvrir la voie #Gers » ambitionne de devenir une référence pour d’autres territoires qui souhaiteraient valoriser leur héritage féminin. Cette initiative pionnière démontre comment la collaboration entre institutions publiques et acteurs culturels peut renouveler les approches de transmission de la mémoire collective, dans une démarche d’égalité et de reconnaissance.

L’inauguration a eu lieu hier, 17 octobre 2025, en présence d’une centaine de personnes dont de nombreux élus. À cette occasion, le directeur des Archives départementales, Pascal Geneste, a rappelé sa fierté d’engager les Archives départementales, et à travers elles le Département, sur la piste de l’histoire des femmes et de leurs combats pour faire reconnaître leurs droits légitimes. « Désormais, l’histoire locale doit pleinement inclure les femmes. Le roman national institué par Michelet notamment au XIXe siècle, presque exclusivement masculin et blanc, avec un culte des grands hommes, ce roman national est mort ! », a-t-il indiqué, insistant sur le fait de « proposer une histoire plus complexe et nuancée qui inclue d’autres points de vue, notamment celui des « invisibles » et en particulier celui des femmes ! Ces papiers, ces parchemins qui sont conservés aux Archives départementales depuis longtemps et qui ne demandent pas mieux que de revenir au jour, « ces papiers ne sont pas des papiers », disait Michelet, « mais des vies d’hommes, de provinces, de peuples ». Ce sont des vies d’hommes, en effet, mais ce sont aussi désormais des vies de femmes ! ».

Jusqu’au 8 mars prochain, venez découvrir sur le parvis des Archives départementales du Gers la vie de ces Gersoises qui représentent chacune un véritable symbole !

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