La Fédération des chasseurs alerte sur l’avenir de la chasse à la palombe

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Mardi 30 septembre s'est déroulée à Vic-Fezensac, la réunion du réseau de correspondants palombe de la Fédération Départementale des Chasseurs du Gers

Comme chaque année, l’Association de Défense des Chasses Traditionnelles de la Palombe du Gers a tenu son Assemblée Générale au cours de cette manifestation.

La soirée fut marquée par la gravité du contexte juridique, mais aussi par la volonté des chasseurs de rester unis.

Après un mot d’accueil du président fédéral Jean-Paul Dupré et l’intervention de la maire de Vic-Fezensac, Barbara Neto,  Frédéric Bellot, technicien de la Fédération, a présenté un exposé technique sur la migration en plaine, aux cols, sur l’hivernage dans le Sud-Ouest, avec un focus particulier sur le Gers, ainsi qu’un point sur les palombières.

Une mobilisation nécessaire

Le moment fort fut sans conteste la prise de parole de Gladys Gonnet, directrice de la Fédération, qui a livré un constat précis et sans détour sur l'actualité juridique  concernant les contentieux qui menacent les pratiques des chasseurs.

« Nous ne sommes pas attaqués sur l’état de conservation des palombes »

« Avant de parler des contentieux en cours, je tiens à rappeler une chose essentielle : la chasse au filet est une pratique possible à titre dérogatoire, en conformité avec la directive Oiseaux de 1979, révisée en 2009. Elle repose sur trois conditions : la sélectivité des filets, des prélèvements limités, et l’absence d’alternatives. Ces conditions, nous les respectons », a souligné Gladys Gonnet.

La directrice a insisté :
« Nous ne sommes pas attaqués sur l’état de conservation des palombes. Les études scientifiques menées depuis plus de trente ans – migrations, hivernage, comptages, balises Argos, baguages – sont solides et reconnues. Les populations se portent bien. »

Un double front juridique

La Fédération doit aujourd’hui faire face à deux menaces :

  • la Commission européenne, qui a adressé une nouvelle mise en garde en février et menace de saisir la Cour de justice ;

  • l’association One Voice, qui a saisi le Conseil d’État pour obtenir l’abrogation des arrêtés départementaux.

« Nous faisons face à un acharnement. La Commission européenne considère les éléments transmis par le ministère comme insuffisants, alors que nous avons produit un rapport technique complet. Quant aux associations anti-chasse, elles tentent de fragiliser nos arrêtés-cadres, avec le risque d’une suspension par référé », a dénoncé Gladys Gonnet.

Transparence et fermeté

Pour répondre à ces attaques, la Fédération annonce plusieurs mesures fortes :

  • « La déclaration des prélèvements deviendra obligatoire. Non pas pour contraindre, mais parce que nous avons besoin de données incontestables. »

  • « Des contrôles renforcés par l’OFB viendront attester officiellement de la sélectivité des filets. »

  • « Enfin, il faut élargir le soutien : nous devons convaincre massivement les communes de signer les motions en faveur des palombières. »

Et de conclure, d’une voix ferme :
« Il est temps de sortir du bois et de montrer que nous n’avons rien à cacher. Notre crédibilité passera par notre transparence. »

Unité et transmission

Les interventions de Gilles Pichaud (Haute-Garonne) et de Jean Barrère, dit Jan de Burros, ont rappelé la nécessité de rester soudés : « C’est ensemble, entre départements et entre chasseurs, que nous pourrons défendre nos traditions. »

Enfin, Jacques Prénassi, président de l’Association des Paloumayres, a invité les chasseurs à adhérer à l’association pour renforcer la cohésion : « Dans ce contexte, chaque adhésion compte. C’est une carte à 10 €, mais surtout un geste pour l’avenir de nos pratiques. »

Photo F Sabathé 

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