Septembre constitue, pour l’association mirandaise Harkis Occitanie Mémoires (H.O.M.), un mois particulier de sensibilisation à l’histoire locale des anciens supplétifs de l’Armée française, installés au camp de forestage de Mirande-Berdoues, de 1962 à 1975.
Pour décliner le devoir de mémoire qui mobilise cette association depuis 2018, le programme de cette année était très mobilisateur, avec plusieurs temps forts, tous prévus dans la commune de Berdoues, le dimanche 21 septembre dernier.
La matinée, traditionnellement consacrée à une « marche sur le chemin des Harkis », à travers la forêt domaniale, a été marquée par des conditions météo très pluvieuses. Matéo, agent local de l’Office National des Forêts, a toutefois pu présenter ses missions de gestion du massif, et le projet ambitieux porté par l’Office, pour la création d’un parcours de mémoire.
Le rendez-vous à la stèle Raynal a été bien arrosé, lors des prises de paroles de Fatma Adda (présidente-fondatrice de H.O.M.), Fabienne Saphore (maire de Berdoues), Alain Bidéi (marcheurs de Quarantapes-Miélan), Matéo Parussolo (ONF Berdoues) et Raphaël Farges (sous-préfet de Mirande). Chacun a souligné l’importance de maintenir, chaque année, ce temps d’hommages, et salué le projet d’aménagement d’un chemin de mémoire dans la forêt domaniale. Sur le retour, les plus chanceux ont aperçu, sur le lac proche de l’ancienne pépinière, un bel ibis noir, espèce migratrice rarement observée dans le Gers.
Autres lieux d’exils dans le Gers
Après le sympathique repas citoyen dans la salle des fêtes, Olivier Dupont, directeur du service départemental de l’ONAC VG du Gers, ouvrait une conférence originale, avec quatre interventions sur plusieurs des lieux d’exil que le Gers a connu. Trois membres de la Société Archéologique du Gers exposèrent leurs recherches :
- M. de Luget parla du Camp de Masseube, ouvert à compter de 1940 : accueil d’Alsaciens et Lorrains, puis de Juifs, puis d’Espagnols, ; 610 personnes, de 16 nationalités y ont été internées, avant de devenir une colonie de vacances en 1948.
- M. Magnat rappela l’histoire des 600 Travailleurs Sénégalais accueillis à Lectoure, du 1er octobre 1918 au 7 avril 1919, issus de régiments d’Afrique occidentale ; ne restent que le souvenir de l’hôpital militaire ouvert dans l’hôpital public et un Carré militaire au cimetière communal.
- C’est M. Mauras qui parla ensuite ce qui étaient présenté, de 1939 à 1945, comme des « Cités d’accueil et d’hébergement », pour 54000 réfugiés, avec l’exemple d’Auch (3 camps : Beaulieu, Le Seilhan et La Hourre). Dans chacun des nombreux camps répartis sur tout le Gers, on comptait 8 à 12 dortoirs de 50 personnes : Alsaciens, Lorrains, Belges, Polonais...
Pour conclure ces « regards croisés » sur ces lieux si particuliers, Fatma Adda rappela l’histoire méconnue des anciens Harkis arrivés en 1962 à Mirande pour des travaux de forestage à Berdoues : 26 familles, soit 135 personnes ont vécu dans des conditions difficiles, et ont dû construire leurs logements au Caneron. Les panneaux mis en place dans la salle ont permis de compléter l’exposé. Il s’en est suivi un riche échange avec la salle autour du souvenir et de la nécessité de transmettre les mémoires, encourageant H.O.M. dans cette œuvre.
Cela constituant la conclusion d’une nouvelle grande journée à l’actif de l’association mémorielle mirandaise.
Texte et photos : Bernard Magnat & Jacques Lesponne.
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