Samedi 27 septembre 2025, les sapeurs-pompiers volontaires du Gers ont mené un vaste mouvement de contestation. Dans presque tous les centres d’incendie et de secours du département, des actions ont été organisées pour dénoncer la dégradation de leurs conditions d’engagement.
À Vic-Fezensac, la mobilisation s’est faite sentir dès le matin, avec une opération de sensibilisation des automobilistes au rond-point de la route d’Auch.

Une seconde action s’est tenue ensuite au centre de secours, en présence de nombreux élus : Gérard Mimalé, maire de Caillavet, Hubert Raffin, maire de Castillon-Debats, Nadine Arqué, maire de Riguepeu, Barbara Neto, maire de Vic-Fezensac, ainsi que des habitants venus soutenir leurs pompiers. Le conseiller départemental et maire de Roquebrune, Benoît Desenlis, a lui aussi tenu à être présent.
Des revendications nationales, une colère locale
Les pompiers volontaires réclament la révision du projet gouvernemental sur la Nouvelle Prestation de Fidélisation et de Reconnaissance (NPFR), qui menace l’indemnité de fin d’activité. Ils dénoncent aussi le gel des indemnités horaires depuis deux ans, et l’absence du décret attendu sur la bonification de trimestres retraite. Autant de mesures qui, selon eux, fragilisent le volontariat, pilier du système de secours en milieu rural.
« Dans nos territoires, les pompiers volontaires sont souvent le dernier rempart pour secourir la population », a souligné Benoît Desenlis. L’élu a rappelé des exemples concrets, comme un accouchement réalisé à Roquebrune par une équipe volontaire, ou encore l’aide régulière apportée aux personnes âgées. « Ils mettent entre parenthèses leur vie de famille, leurs loisirs, pour servir les autres. Au minimum, l’État doit leur accorder des trimestres supplémentaires pour la retraite, comme pour le monde associatif. Pompiers et bénévoles d’associations sont aujourd’hui les piliers de l’engagement citoyen. Ils méritent une véritable reconnaissance nationale. »

Le témoignage d’une figure locale
À Vic, la présence de Marc Pontier, ancien chef de centre entre 1973 et 1988, a marqué les esprits. Père de l’actuel chef de centre, Pierre Pontier, il a livré un témoignage fort : « Il y a trente ans, on parlait déjà de ces problèmes, rien ne s’est concrétisé. Aujourd’hui, les promesses ne sont pas tenues. Les contrats sont courts, les effectifs fondent, les pompiers courent partout pour suppléer les centres voisins. Le matériel a été départementalisé, mais pas le personnel. Si l’emploi manque, les pompiers ne restent pas. »
L’ancien chef a également mis en garde : « Le jour où ça va craquer, ça va craquer. Les pompiers aiment ce qu’ils font, mais le gouvernement joue sur cette passion. Il faut rassembler les gens, sinon la société du chacun pour soi prendra le dessus. »
Un service de plus en plus sollicité
Dans le secteur, les casernes de Vic, Lannepax et Courrensan fonctionnent en complémentarité. Mais la pression grandit : entre secours d’urgence, interventions techniques et missions de proximité, les volontaires sont appelés à jouer des rôles multiples. « On les sollicite pour tout, parfois comme serruriers, couvreurs ou plombiers », déplore un élu.
Tous s’accordent sur un point : sans un signal fort de l’État, le volontariat risque de s’étioler. « Il faut que les collectivités fassent aussi leur part d’efforts, mais sans soutien national, nous allons droit dans le mur », conclut un pompier.

Commentaires