Le Conseil Citoyen du Temps Long se penche sur l'adaptation au changement climatique : anticiper et agir localement

PXL_20250612_175915721.MP.jpg
PXL_20250612_175915721.MP.jpg

Cette année le Conseil citoyen du temps long de Vic-Fezensac a pris son temps pour démarrer ses travaux.

D'abord parce que les précédents Conseils citoyens ont balayé les sujets les plus brûlants comme la charte communale de la transition écologique, les inondations, la pollution aux mégots, mais aussi parce que le changement climatique évoluant de plus en plus vite, la réflexion autour du sujet doit évoluer.

C'est pourquoi, les dernières séances se sont concentrées sur l'adaptation au changement climatique en période de dérèglement.

M. Arnaud Cayrol, spécialiste en animation sur ce sujet, a mené le 12 juin dernier, un atelier de sensibilisation et d'apprentissage pour les membres du conseil pour explorer une approche méthodique. Celle-ci doit leur permettre de penser l'adaptation aux impacts climatiques, de réduire les risques associés et enfin de transformer la réflexion en action concrète.

La session, mêlant apports théoriques et exercices pratiques, a souligné le rôle crucial de l'intelligence collective dans la recherche de solutions résilientes, intégrant les dimensions d'atténuation, d'adaptation, d'équité et de vision à long terme.

"Il est fondamental de comprendre que l'adaptation au changement climatique ne peut pas se faire sans, dans le même temps, atténuer notre impact en émission de gaz à effet de serre." rappelle Anthony Chaulet, l'élu en charge  du Conseil citoyen.

M. Cayrol a introduit la discussion en rappelant les conséquences profondes du changement climatique et de l'effondrement écologique, déjà visibles sur des ressources vitales comme l'eau et la biodiversité.

Deux concepts fondamentaux ont été détaillés :

- L'Atténuation : « Fermer le robinet ». Il s'agit de réduire nos émissions de gaz à effet de serre en agissant sur les causes du changement climatique (choisir le vélo, isoler sa maison, réduire l'usage du plastique, planter des haies diversifiées). C'est une action globale pour limiter l'ampleur des conséquences.

- L'Adaptation : « Éponger l'eau et se préparer aux fuites » . Face aux impacts déjà inévitables du changement climatique, l'adaptation consiste à ajuster nos sociétés, nos infrastructures et nos comportements. Végétaliser les villes, construire des retenues d'eau ou opter pour des cultures résistantes à la sécheresse sont des exemples concrets.

L'atelier a mis en garde contre la « maladaptation », c'est-à-dire des actions d'adaptation qui, involontairement, augmentent la vulnérabilité à long terme (par exemple, l'usage massif et généralisé de climatiseurs individuels). Pour l'éviter, la méthode de coréflexion partagée par M. Cayrol vise à rechercher systématiquement des « co-bénéfices » : des solutions qui, en plus de répondre au risque climatique, apportent des avantages dans d'autres domaines (santé, économie locale, lien social).

Ensuite, le conseil citoyen s'est penché sur un cas pratique : Le Risque de Retrait-Gonflement des Argiles. En effet, conformément aux données de Géorisques, c'est le principal risque identifié pour notre territoire devançant même le risque d'inondation. Le groupe a appliqué la méthode sur ce cas concret, en se concentrant sur la préservation de la sécurité et de la valeur de nos habitats.

Les réflexions ont mis en évidence que les maisons vicoises sont particulièrement vulnérables. Il y a eu pas moins de trois sécheresses classées en catastrophe naturelle pour la dernière décennie à Vic-Fezensac. Les impacts anticipés incluent fissures, perte de valeur foncière, coûts de réparation élevés. Si au premier abord plusieurs pistes de solutions existent comme les micropieux ou les croix de tirant, il semble que le sujet est bien plus complexe qu'il n'y paraît. En effet, contacté par M. Chaulet, le directeur du CAUE (Centre d'Architecture d'Urbanisme et de l'Environnement) M. Frédéric Poulle a rappelé que c'est un aléa qui fait mal et qui va s'aggraver. Le CAUE a de plus en plus de questions qui leur viennent sur ce sujet. Ils travaillent actuellement sur les données actuelles disponibles et il y a un vrai manque de certitudes sur les solutions.

Le Conseil citoyen continuera sur cette lancée, avec un prochain rendez-vous dédié à un échange direct avec M. POULLE afin de développer ces réflexions et réfléchir à comment prévenir ce risque coûteux pour les Vicois.

A Vic-Fezensac, l'intelligence collective est un levier puissant pour construire un avenir résilient.

Crédit : Anthony Chaulet 

Suggestions de lecture

Commentaires

Suggestions de lecture