« L’album d’Auschwitz » une exposition, inédite dans le département,

La couverture de l’album, Coll. Yad Vashem)
La couverture de l’album, Coll. Yad Vashem)

UNE EXPOSITION EMOUVANTE SUR AUSCHWITZ

A la faveur de la commémoration des 80 ans de la découverte du centre de mise à mort d’Auschwitz-Birkenau, la section du Gers de l’Association nationale des membres de l’Ordre national du mérite (président Laurent Vialleix) présente au musée de Mirande une exposition, inédite dans le département, issue du Mémorial de la Shoah à Paris.

Intitulée « L’album d’Auschwitz », elle suscitera assurément un vif intérêt chez les visiteurs au travers de 16 panneaux de photos terriblement émouvantes sobrement commentées et qui nous épargnent le plus insupportable : le gazage et la crémation.

On y découvrira comment les nazis ont photographié leurs abominations à destination des hiérarques du parti comme Himmler, sous forme d’albums qui démontraient l’efficacité du travail accompli dans la mise à mort rapide, méthodique et industrielle d’hommes, de femmes et d’enfants innocents conduits à leur insu à ce qui était un véritable abattoir humain. On était alors au printemps 1944 et c’était au tour des Juifs hongrois d’être aspirés dans ce complexe du crime de masse.

Les photos présentent « la gestion des flux » : l’arrivée des trains chargés de Juifs et de leurs biens ; « la gestion des Juifs » : l’organisation de la sélection, l’acheminement vers les chambres à gaz pour la majorité ; « la gestion de la main d’œuvre » après la sélection, pour quelques autres, livrés au travail forcé jusqu’à l’exténuation et la mort ; le traitement des biens sur place puis dans des ateliers. Des opérations présentées comme fluides, sans à-coups, mettant en avant la gestion réussie de ces « flux », après des aménagements logistiques gigantesques, lors de « l’opération Höss » du nom de son concepteur Rudolph Höss le commandant d’Auschwitz (sur le rôle duquel a été présenté en 2023 le film de reconstitution « La zone d’intérêt » qui montrait la « vie de rêve » qu’avec sa femme et ses enfants il menait dans une maison avec piscine donnant sur une chambre à gaz et un crématorium). Il sera pendu à Auschwitz en 1947.

Höss sera spécialement chargé d’organiser l’extermination massive des Juifs déportés de Hongrie et excellera dans cette mission où seront assassinés jusqu’à 10 000 innocents par jour : il en sera décoré de la Croix du mérite de guerre. 1 million de Juifs d’Europe périront à Auschwitz-Birkenau sur un total de 6 millions qui furent exterminés.

Cet album (un total de 208 photos) fut découvert fortuitement par une rescapée d’un camp de concentration libéré. Elle en fera don en 1980 au Mémorial de Yad Vashem. Les historiens ont aujourd’hui fini d’exploiter son contenu révélateur de bien de données utiles à l’Histoire avec l’identification de techniques, de victimes et de bourreaux. Il a servi de pièce à conviction lors de grands procès criminels contre des nazis et notamment des dirigeants et gardiens du camp en 1963.

Une exposition qui a sa place dans le Devoir de mémoire. Elle sera complétée par quelques panneaux sur la rafle de Juifs à Mirande en 1942, par une conférence d’Henri Calhiol et par une action en direction du milieu éducatif.

« L’album d’Auschwitz , seule preuve restante de l’ignominie nazie »

Musée de Mirande, rue de l’Evêché, du 23 au 30 septembre - accessible fauteuils roulants                                   

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