Dans la cuisine d'une ferme, un papi remplit soigneusement en pleins et déliés les étiquettes des pots de confiture que vient de réaliser son épouse : "pêche", "fraises", figues"...
« Il est capable d'écrire des pages entières sans une faute d'orthographe ! Il a son certificat d'études ! » dit cette dernière avec fierté.
En effet, le diplôme est encadré et trône en bonne place sur le mur de la cuisine.
A une semaine de la rentrée scolaire , revenons sur nos pas au temps d'un examen aujourd'hui disparu qui avait autrefois une grande valeur sociale et symbolique.
Le certificat d’études primaires élémentaires (CEPE), plus connu sous le nom de certificat d’études, a marqué l’histoire de l’école française pendant plus d’un siècle.
Créé sous la Troisième République, il visait à attester que les enfants avaient acquis les connaissances de base jugées nécessaires à tout citoyen.
Le certificat d’études a été institué en 1866 par Victor Duruy, alors ministre de l’Instruction publique.
Il a été généralisé et renforcé à partir des lois Jules Ferry (1881-1882), qui rendaient l’école gratuite, laïque et obligatoire jusqu’à 13 ans.
L’objectif était double : mesurer le niveau des élèves à la fin de leur scolarité primaire et valoriser l’enseignement public face à l’analphabétisme encore répandu.
Tout le monde n’était pas autorisé à le passer. Ce sont l’instituteur ou le directeur de l’école communale qui décidaient d’y présenter les élèves qui avaient le plus de chances de le réussir. C'était aussi une fierté pour l'école d'afficher un joli taux de réussite au diplôme !
Il fallait ensuite beaucoup mémoriser pendant un an ou deux, avant de se rendre au petit matin au chef-lieu du canton, un jour de mai ou de juin. Les épreuves s’enchaînaient.
Le certificat d’études sanctionnait les acquis du cours moyen (fin de l’école primaire). Les épreuves portaient sur la lecture, l’écriture, le calcul, ’histoire et la géographie, les sciences, l’instruction civique, le dessin.
Les sujets reflétaient souvent des situations concrètes (par exemple, calculer un rendement agricole, rédiger une lettre administrative, expliquer un phénomène naturel simple).
Obtenir le certificat d’études était une fierté familiale : il constituait souvent le premier diplôme décroché par les enfants de milieux modestes.
Il servait aussi de passeport social : certains employeurs demandaient à voir le certificat comme preuve de sérieux et de compétences de base
Dans les campagnes, il symbolisait la réussite de l’école républicaine et la lutte contre l’ignorance.
Dès l’après-guerre, le certificat d’études perd peu à peu de son importance, les études secondaires se démocratisant.
La réforme de l’école de 1959 (loi Berthoin) qui allonge la scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans marque un tournant.
Le certificat d’études a été officiellement supprimé en 1989, même si des épreuves avaient cessé d’être organisées bien avant dans certaines académies.
Aujourd’hui, le certificat d’études reste dans l’imaginaire collectif comme le symbole d’une école républicaine exigeante mais accessible à tous. Des associations ou communes organisent parfois des “examens du certificat d’études” reconstitués, pour rappeler la rigueur des épreuves d’autrefois et comparer avec les pratiques scolaires actuelles
Voici quelques épreuves d'examens relevées dans un livre « Memento pratique du certificat d'études primaires. Programme de 1887 » contenant 80 examens donnés dans différents départements.
Amusez-vous !
Arithmétique et système métrique :
Quelle est la manière la plus siple de multiplier 6/35 par 5 ?
En vendant un kilo de café 3,30 F, on gagne le dixième du prix d'achat. Quel est ce prix d'achat ?
Qu'était-ce que l'arpent ? Quel était son sous-multiple ?
Géographie (épreuves données dans les Landes) :
Parlez de la ville d'Angers, de Baccarat, de Louviers, de Cluses, de La Ciotat, de Saint Chamond.
Quelles sont les principales industries de St Etienne ?
Quelle est la principale branche de commerce de Macon ?
Quelle fabrication spéciale a lieu à Tarbes ?
Enseignement scientifique et leçon de choses
Que veut dire le mot hydrogène ?
Le chimiste Priestley mit deux souris sous une cloche, au bout d'un certain temps, bien qu'elles eussent à manger, elles moururent. Pourquoi ?
Sans intriduire d'air sous la cloche, il y plaça ensuite une plante qui y vécut bien. Pourquoi ?
Enfin, il ôta la plante et remit une souris qui vécut quelque temps, pourquoi ?
Instruction civique et droit usuel
Si l'on ne payait pas d'impôot, qu'arriverait-il ?
On entend souvent dire : « Je n'ai pas d'enfants ou bien mes enfants ne vont pas aux écoles du gouvernement, il n'est pas juste que je paye pour les écoles de l'Etat. Que répondriez-vous ?
Histoire
Pendant la funeste guerre de 1870, quelle victoire importante l'armée de la Loire remporta-t-elle ?
Qu'est-ce qui l'empêcha de marcher sur Paris et peut-être de sauver la France ?
Quel est le traité qui mit fin à la funeste guere de 1870 ? Quelles conditions nous furent imposées?Au point de vue des dépenses militaires ? Au point de vue de l'éducation militaire ?
Qu'est-ce qu'un déserteur ? Un réfractaire ? Dans quel cas, la désertion est-elle la plus criminelle ?
Gymnastique :
Position du soldat sans armes :
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A droite, alignement
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Changer de pas
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Demi-tour à droite
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A gauche alignement
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marcher au pas accéléré et exécuter le commandement de demi-tour à droite...halte.
Ne pas oublier qu'il s'agit d'épreuves données en 1887 !
Pierre DUPOUY
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