Difficile d’envisager des conditions météos plus réalistes pour cette reconstitution du battage à l’ancienne que l’association DNA fait revivre chaque 15 août à Auterrive . Appelée désormais Festi’Agri d’Antan, cette manifestation est principalement tournée vers les différentes méthodes de battage du blé avant l’invention de la moissonneuse-batteuse . L’étape préliminaire consistant à récolter les gerbes de blé avec une moissonneuse-lieuse d’époque s’était faite une quinzaine de jours avant , un véritable retour vers l’au-delà demandant patience et ingéniosité pour mener à bien une telle tâche avec cette machine plus très jeune.
Prévu au programme, le battage au fléau ( à eslaget ) n’a pas trouvé de volontaires ou plutôt de personnes suffisamment « qualifiées »pour manier sans risques de tels engins au milieu de la foule pas toujours consciente des distances à respecter. Par contre la machine à battre actionnée par un manège datant de la deuxième moitié du 19ème siècle a bien fonctionné . Seule concession à la modernité , le cheval chargé du manège était remplacé par un petit tracteur de jardin . Le clou du battage était incontestablement le gros batteur actionné par de grosses courroies auquel était couplée la presse pour les bottes de paille . Difficile de faire plus réaliste, les gerbes étaient envoyées à la fourche sur le toit du batteur. Reçues par une personne qui coupait la ficelle, elles passaient ensuite à une deuxième qui les envoyait en les éparpillant dans un avaloir. En bas, d’un côté, des sacs en jute étaient épinglés à des goulots qui envoyaient le grain.
De l’autre, la paille était crachée sur la presse d’où allaient sortir d’énormes bottes rectangulaires ceintes par deux fils de fer avant d’être récupérées sur le dos d’un porteur dont la tête était protégée par un sac en juste replié en forme de capuche , ce qui nécessitait trois personnes pour cette tâche.
La chaleur, la poussière, la transpiration , les débris volant partout , à l’époque ce travail n’était pas une sinécure et durait des semaines, de ferme en ferme. Impossible d’envisager une reconstitution plus fidèle de ces travaux de battage !
Félicitations à ces bénévoles de DNA, pas forcément très jeunes, qui savent si bien se remettre dans les conditions d’antan. Pour compléter une telle reconstitution étaient exposées les tarares pour vanner les grains issus de la machine à battre, mais aussi les outils plus importants comme les faucheuses, les râteleuses et surtout toute une collection de tracteurs dans leur jus , souvent rafistolés avec les moyens du bord mais en parfait état de fonctionnement, précieusement conservés par des amateurs de vieilles machines
Festi’Agri d’Antan , c’était aussi un marché de producteurs locaux, de pain cuit sur place au feu de bois, une exposition de voitures anciennes, d’anciens camions de pompiers, des repas avec un menu d’autrefois , sur un terrain où l’usage de la cigarette comme de tout feu était formellement interdit
Si le public était bien présent dans la matinée, on peut comprendre qu’il ait été plus rare dans l’après-midi caniculaire mais il en faudrait davantage pour décourager les bénévoles de l’association DNA, investis dans ce devoir de transmission des méthodes agricoles qui n’ont plus cours aujourd’hui !
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