Suite au communiqué de la Chambre d'agriculture concernant des attaques de vautours sur troupeau, la LPO Occitanie - Délégation territoriale Gers communique :
"Connaissez vous la loi de Brandolini qui dit « qu’il faut beaucoup plus d’énergie pour réfuter une infox que celle nécessaire à la produire » et nous avons un cas d’école dans ce qui suit. Un ou plusieurs vautours auraient attaqué, tué puis dépecé et dévoré une vache parturiente et son veau nouveau-né ce week-end du 3-4 août à Mont d’Astarac dans le Gers et ce ne serait pas la première fois car des vautours ont été observés dans la commune de Pouydraguin quelques semaines auparavant impliquant le même scénario. Quelle horreur si c’était la vérité !
Personne ne nie que des vautours peuvent s’attaquer à des animaux vivants mais dans des conditions très particulières de faiblesse, de maladie ou d’accident très invalidant juste avant la mort. Les accidents décrits concernent essentiellement les vaches lors des mise-bas quand l’accouchement se passe mal pour la mère et le veau. Souvent les veaux trop gros à la naissance périssent sur le passage et lorsqu’ils sont expulsés par une mère exténuée et il y a souvent paralysie des membres postérieurs et complication de prolapsus de l’utérus appelé aussi renversement de matrice qui se complique encore d’une hémorragie mortelle si l’affaire n’est pas traitée dans les meilleurs délais. C’est la raison pour laquelle les éleveurs rentrent toujours leurs vaches avant l’accouchement pour mieux les surveiller et intervenir lors de difficultés.
En revanche une vache en bonne santé qui accouche d’un veau sain se relève très vite et défend avec une ardeur agressive son veau contre tout prédateur ou supposé tel. Eleveurs et vétérinaires sont bien placés pour le savoir ! Aucun vautour n’approchera une vache et son veau bien portant. Une vache en pleine forme, mobile, ne sera jamais attaquée. Il suffit qu’elle se retourne pour faire face aux vautours qui décampent et s’envolent. Dans les conditions naturelles les vautours sont friands de placenta qu’ils consomment au milieu des troupeaux sans problème et s’ils trouvent une vache agonisante avec un veau très faible ou mort-né il suffira d’un coup de bec sur la vulve de la vache pour provoquer une hémorragie et anticiper une mort inéluctable. Les vautours ne sont pas armés pour tuer, ce sont des charognards stricts incapables de déchirer le cuir d’une vache et n’entament les cadavres que par les orifices où ils pourront insérer leur tête : anus, vulve, œil, bouche.
En général, l’OFB est habilité par ses agents assermentés à constater objectivement ce type de dégâts et nous n’avons vu aucune trace de constat. En leur absence, les affirmations présentées peuvent être jugées arbitraires et tendancieuses dans la mesure où personne de compétent dans ce domaine n’a pu les vérifier.
Nous sommes tout à fait conscients des grandes difficultés que rencontrent les filières de l’élevage avec toutes ces maladies vectorielles émergentes comme la FCO, la MHE et DNC en grande partie liées au changement climatique qui permet aux insectes vecteurs de s’acclimater dans nos régions, sans compter la déprise agricole et les exploitations sans successeurs , les méventes et autres accords agricoles internationaux qui sont les vrais ennemis. Se tromper de cible fait occulter la réalité des évènements et trompe le citoyen sur la vérité du terrain. Nous ne retiendrons ainsi au pire que l’hypothèse d’une vache agonisante lors de son accouchement que les vautours auraient achevée. La place de l’animal était à l’étable ou en stabulation sous surveillance compétente."
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