Deuxième concert des Vespérales : extraordinaire, formidable, sensationnel !

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La cathédrale Saint-Pierre de Condom a vibré, tremblé, tressailli mardi 22 juillet aux Vespérales, sous la musique du prodigieux duo Lassus-Bouhier.

Une bonne augure : le nombreux public est venu occuper la cathédrale jusqu’au moindre recoin. Il désirait écouter Joël Lassus à la clarinette et Christophe Bouhier à l’orgue. Ce duo est devenu exceptionnel de par son talent musical et son éclectisme notoire.

Ils ont commencé par les mouvements un, trois et quatre de la sonate pour clarinette et piano de la « star » de l’époque : Camille Saint-Saëns ! Ce morceau présente de belles mélodies mais aussi des passages qui demandent une grande vélocité. Tous les niveaux de la tessiture y sont exploités avec des aigus remarquables jusqu’à plonger dans des graves appelés « registre chalumeau » de la clarinette. Les nuances y sont aussi très variées, et l’esprit de la douceur élégante se métamorphose en ambiance lugubre bien profonde pour rebondir sur de la sérénité (voire du rêve) et de la gaîté. Le clarinettiste gersois, Joël Lassus a abordé et affronté toutes les difficultés sans faiblir et avec facilité. Christophe Bouhier, lui, avait le rôle ingrat de l’accompagnateur. Cette fois les complications étaient bien présentes, un orgue n’est pas un piano. La partition est déjà complexe au piano et devient ardue à l’orgue ! L’organiste, lui aussi gersois, n’a pas cédé, il a résisté et gagné avec distinction, prestance et raffinement.

Le concert s’est poursuivi dans une atmosphère des années 40 avec deux standards classiques de valse-musette-swing-jazz bien connus des danseurs, Indifférence de Murena et Colombo puis Flambée montalbanaise de Viseur. Cette musique facile et agréable à écouter est normalement écrite pour accordéon et orchestre. Ici la clarinette a remplacé l’accordéon et l’orgue à supplanté l’orchestre ! Encore une épreuve à franchir mais notre duo a réalisé l’exploit ! Les spectateurs n’ont pu relever aucune erreur et laissaient gentiment osciller, balancer, flotter leurs bustes sous l’emprise du tempo. Bref, l’excellence voguait dans le nef !

Deux compositions ont succédé à la légèreté précédente, deux compositions de Christophe Bouhier.

Dans Le creux de mon cœur, Bouhier a quelque peu modifié la première version en y ajoutant une partie de clarinette. Cette transformation a enrichi la pièce musicale qui était déjà admirable !

Le morceau suivant : Le retour, est une création originale pour les Vespérales 2025. Celle-ci se révolte contre les violences de la maladie toujours injuste. L’œuvre met à l’honneur le courage de la personne malade qui revient à la vie avec dignité, grandeur et respectabilité. Par la suite l’orgue explose de tous ses registres. Ça y est : la faiblesse est vaincue, c’est la victoire ! Une habile et subtile variation sur la Marseillaise se fraie discrètement un chemin comme pour accentuer le triomphe !

De la musique klezmer a apporté une finalité à cette abondante profusion musicale. La clarinette est un élément essentiel de cette formation. L’orgue a remplacé l’accordéon, la contrebasse, la guitare et le violon dans Shalom Alechem, le train de 7 h 40 et Freilech. Joël Lassus a su utiliser la technique instrumentale traditionnelle typique comme de faire « pleurer » sa clarinette pour donner l’expressivité nécessaire. Encore un défi fort bien exécuté !

Le but du spectacle est atteint, les interprètes sont satisfaisaits de leur excellente prestation, le public est heureux d’avoir pu écouter et saluer de la bonne musique et l’association (Les Amis de l’Orgue) est enchantée de voir tout ce bonheur dans la cathédrale !

Merci Joël Lassus. Merci Christophe Bouhier. Quel programme et quelle qualité musicale !

La semaine prochaine, mardi 29 juillet le Trio Eufonia avec Anne-Laure Touya soprano, Patrick Pagès trompettiste et Marc Chiron organiste feront l’honneur de leur présence. 

S.V

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