Il y a 81 ans, au petit matin du 7 juillet , une centaine de maquisards dont certains très jeunes arrivés la veille seulement, ont été pris en tenaille par les deux bras d’une colonne allemande venue de Lannemezan et divisée. Cantonnés dans deux fermes abandonnées « le Priou et le Larée « sur la commune de Villefranche d’Astarac, , le Maquis du Docteur Raynaud n’a pu résister longtemps à cette attaque surprise qui s’est soldée par la mort atroce de 76 victimes dont 4 otages pris dans les fermes alentours. Depuis 1949 et la construction du mémorial près du cimetière , chaque 1er dimanche de juillet , préfet, élus de la République, délégation militaire et des pompiers, une trentaine de porte-drapeaux, famille des disparus, population venue parfois de loin, leur rendent hommage au cours d’une cérémonie officielle et toujours très émouvante qui débute au pied du mur commémoratif . Rappel de la tragédie, dépôt d’un œillet rouge sur chacune des tombes , appel des morts, minute de silence, Marseillaise et chants interprétés par une chorale auscitaine sont, comme toujours les points fort de cette cérémonie qui s’est terminée autour du « Carré des otages « . 17 gerbes ont été déposées par les personnalités et différentes associations et Amicales au pied de la tour dont le mur porte le nom des victimes .
A l’issue de la cérémonie militaire, ceux qui le souhaitaient ont pu participer à un office religieux célébré en plein air par Monseigneur Lacombe et le prêtre de la paroisse dans les ruines de la g ferme du Priou
Après cette tragédie, les familles des victimes avaient pris l’habitude de passer, ensemble, la nuit du 6 au 7 juillet, sur le lieu où avaient été massacrés leurs êtres chers . Depuis c’est l’Amicale du Maquis qui organise une veillée à cette même date. Cette année, en raison des hasards du calendrier, c’est donc le soir même de la cérémonie officielle que s’est déroulé ce rassemblement tout à fait informel, sans le moindre protocole . Deux commémorations sur un même lieu, dans la même journée et pourtant toujours une belle assistance, très recueillie , les enfants y tenant cette fois une place prépondérante comme passeurs de mémoire .En tee-shirt blanc, portant une torche allumée ( qui cette fois est restée éteinte en raison du vent ), ils ont lu la dernière lettre de Guy Moquet, celle de Missak Manouchian à Mérimée son épouse, ainsi que des poèmes ayant trait à ces sacrifices tandis que d’autres se tenaient respectueusement derrière chacune des croix du cimetière. Ils ne pourront pas oublier !
.A remarquer également les belles prestations de la chorale de Saint Blancard, de l’école de musique de Masseube accompagnée par Christian Nadalet et de la chorale « la Serre Enchantée » venue de l’Aisne et actuellement en tournée dans la région, sans oublier le superbe texte écrit et interprété par Claude Béros concernant ce Maquis de Meilhan sur une musique d’une chanson de Jean Ferrat
Plus de 80ans après , le souvenir du sacrifice de ces martyrs ne s’estompe pas , qu’il s’agisse d’une commémoration très protocolaire ou simplement plus intime
Rappelons que durant les mois de juillet et août, chaque dimacche après-midi, l'Amicale du Maquis, très investie dans ce devoir de mémoire, , propose une visite gratuite de ce li, symbole tragique de la lutte sans merci et parfois inégale que les Maquisards ont mené contre la barbarie nazie
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