Un moment rare et chargé d’émotion se prépare à Lectoure. Le peintre irlandais Osmond Kellogg met son talent au service d’une noble cause en offrant une œuvre inédite à la Ligue contre le cancer du Gers.
Vendredi 18 juillet à partir de 17h, dans la salle des pas perdus de la mairie de Lectoure, un triptyque exceptionnel signé Osmond Kellogg sera mis en vente aux enchères, sous le marteau de Maître Labarbe, commissaire-priseur bien connu du grand public pour ses interventions dans l’émission Affaire conclue.
Un hommage vibrant et personnel
Inspirée par son vécu, sa sensibilité artistique et sa profonde amitié avec Marc Chagall, cette œuvre poignante rend hommage à ses proches touchés par la maladie. Osmond Kellogg, lui-même atteint d’un cancer, a souhaité offrir ce triptyque comme un acte de solidarité, un témoignage d’amour et d’engagement face à la souffrance.
« Je voulais que cette œuvre aide ceux qui traversent
cette épreuve. Mon pinceau leur appartient », aurait confié l’artiste depuis l’Irlande, où il poursuit son propre combat.
Un soutien concret pour les malades et leurs familles
Les fonds récoltés lors de cette vente viendront soutenir les actions de la Ligue contre le cancer du Gers, notamment l’accompagnement psychologique des patients et de leurs proches. Une mission essentielle, alors que le nombre de bénéficiaires suivis par la Ligue dans le département a été multiplié par cinq depuis 2020. Cette vente aux enchères s’annonce comme un événement unique, où l’art devient vecteur de soutien et d’espoir. Un rendez-vous ouvert à tous, pour découvrir une œuvre forte, chargée d’humanité, et contribuer à une cause qui nous touche tous de près ou de loin.
En savoir un peu plus sur l'artiste.
À La Sauvetat, Osmond Kellogg Mairs fait revivre l’âme de Chagall
Dans les collines paisibles de La Sauvetat, au cœur du Lot, se dresse une demeure hors du temps, aussi singulière que son propriétaire. Osmond Kellogg Mairs, peintre globe-trotteur né en 1944 en Irlande, y réside une partie de l’année. L’endroit ressemble à un musée vivant, débordant d’objets, de couleurs, et surtout de souvenirs. Car l’artiste, discret mais profondément habité par son art, y garde la trace d’une amitié exceptionnelle: celle qu’il a partagée durant dix années avec Marc Chagall.
Une amitié née de la lumière
Leur rencontre s’est nouée autour d’un vitrail. Pas n’importe lequel : une commande du révérend Walter Hussey pour la cathédrale de Chichester, en Angleterre. Ce dernier souhaitait un vitra
il vibrant, à l’image des œuvres de Chagall, inspiré du psaume 150 – un hymne à la création et aux arts, où chaque chose vivante célèbre Dieu. « Chagall, bien qu’il fût juif, s’intéressait profondément a
ux autres religions, surtout lorsqu’il s’agissait d’unir les croyances par la lumière et la couleur », raconte Mairs. Cette sensibilité partagée aux dialogues entre les cultures les a rapprochés.
Au fil du temps, cette collaboration est devenue une amitié solide. « Il m’avait proposé plusieurs fois d’exposer avec lui. Ça ne s’est finalement pas fait, mais il appréciait ma peinture, qu’il jugeait proche de la sienne – une peinture du cœur, avec une grande variété de formes et de thèmes », confie Mairs avec humilité.
La trace de Chagall à Saint-Paul-de-Vence
Cette amitié ne s’est jamais vraiment éteinte. Mairs en retrouve encore les échos chaque fois qu’il se rend à Saint-Paul-de-Vence, là où repose Chagall. « Je vais toujours sur sa tombe. Il y a quelque chose que je ne peux expliquer, une présence amie, silencieuse. » Dans ce village d’artistes, qui reste pour lui un lieu d’inspiration intact, l’idée d’acheter une galerie a un temps mûri dans son esprit. « C’était trop compliqué, mais l’envie était réelle. Saint-Paul, c’est un autre monde, c’est là que je le rencontrais souvent, ou à la Fondation Maeght. »
Le regard de Mairs s’illumine en évoquant les souvenirs. Chagall, dit-il, était un homme discret, peu bavard mais habité par une pensée intense. « Il dessinait même en l’air, pinceau invisible à la main. Il pensait avec ses gestes. » Quant à lui, Mairs continue de peindre, porté par cette fidélité au geste sincère, au rêve universel, à la lumière partagée.
À La Sauvetat, sa maison est plus qu’un lieu de vie : c’est un sanctuaire de mémoire, un atelier ouvert sur le monde, et le prolongement silencieux d’un dialogue artistique qui traverse les décennies.
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