Pour les membres du Jeep Club d’Artagnan, le 18 juin n’est pas une date comme les autres. Chaque année, ils s’engagent à faire vivre l’Histoire à travers leurs véhicules d’époque, en hommage à l’Appel du général de Gaulle et à la Résistance.
Cette année encore, grâce à l’implication de Christophe Loizon – membre du club et adjoint au maire – et au soutien de la municipalité d’Auch, la commémoration a pris la forme d’une véritable fête populaire au Jardin d'Ortholan à Auch.

Un esprit d’équipe et de transmission
Au cœur de l’événement : la volonté de partager, au-delà des moteurs et des carrosseries, un pan de l’histoire nationale. Les membres du Jeep Club, costumés comme dans les années 40, ont replongé le public dans une ambiance d’époque. Véritables passionnés, ils bichonnent leurs véhicules – souvent des Jeep Willys ou Ford GPW datant de la Seconde Guerre mondiale – pour leur redonner leur éclat d’origine, jusqu’au moindre détail.
Le Tacot Club a également répondu présent, alignant plusieurs Citroën Traction Avant, dans un esprit de camaraderie et de passion commune pour le patrimoine roulant.

Mécanique de précision et péripéties sur la route
Rien n’est laissé au hasard. Avant le départ depuis Saint-Jean-Poutge, les équipages inspectent chaque élément mécanique. Pourtant, même les plus préparés ne sont pas à l’abri des imprévus : une Jeep de 1943 a vu son frein se bloquer la veille. Dominique Soulan, membre expérimenté, a passé la nuit à remplacer la pièce défectueuse. Résultat : à 13h15, le véhicule était prêt à rejoindre le convoi, flanqué d’un poste radio d’époque parfaitement restauré.
Sur la N124, les Jeep ont tenu la distance malgré la chaleur et les limitations imposées par leur mécanique d’époque (60 à 70 km/h). Les conducteurs, concentrés, ont dû composer avec des freins à tambour exigeant anticipation et sang-froid, rappelant que conduire ces véhicules est un véritable art.

Un devoir de mémoire en mouvement
L’arrivée au Jardin Ortholan fut un moment fort. Les membres du club ont partagé leurs véhicules et leurs connaissances avec un public nombreux et curieux. Une dame de 94 ans, émue, a confié ses souvenirs de jeunesse pendant l’Occupation, touchant les équipages par la force de ses récits. Une exposition de portraits de résistants, réalisée par un photographe local, a renforcé cette connexion entre passé et présent.

Prochaine destination : la mémoire continue
Le retour s’est effectué au crépuscule, ponctué par une ultime réparation express pour la Jeep la plus récalcitrante. Rien d’insurmontable pour ces passionnés, toujours prêts à allier technique, entraide et hommage.

Crédit photos : François MACE
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