L'avant-première "Se souvenir des tournesols" a séduit un nombreux public

Salle comble.
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Grand succès pour l'avant-première au cinéma l’Europe du film « Se souvenir des tournesols » présenté par ses deux réalisateurs.

Dimanche 4 mai, un très nombreux public emplissait le cinéma l’Europe pour découvrir, en avant-première nationale (le film ne sort en salle que le 14 mai), le très beau documentaire de Sandrine Mercier et Juan Hidalgo : Se souvenir des tournesols. Il est vrai que l’action se déroule à Nogaro et ses environs immédiats et réunit les bandas de Nogaro et de Plaisance du Gers.

Au plaisir de la découverte d’une œuvre dense, se mêlait donc le plaisir de reconnaitre à l’écran des amis ou des parents.

Le personnage principal a 17 ans. Anaïs, est profondément attachée à son Gers natal et à ses amis de la banda Chicuelina de Nogaro. Son bac en poche, elle va devoir quitter sa famille et la vie à la campagne afin de poursuivre ses études à Pau. Au fil de ce dernier été, Anaïs prend conscience de ce qu'elle aime et de ce qu’elle doit pourtant laisser derrière elle : la musique, les fêtes de village, la beauté des champs de tournesols. Elle sait qu’elle ne peut rester là. Comment avoir un avenir en pleine "diagonale du vide" ?

Par un beau mélange de sons et d’images, le film Se souvenir des tournesols met en avant des éléments de la vie rurale qu’on ne voit que très rarement au cinéma. La pratique d’un instrument de musique sert ici de force fédératrice entre les jeunes et les moins jeunes. Le professeur et directeur de musique, Thierry, y fait office d’homme-orchestre témoignant d’un engagement total qui va bien au-delà d’une simple fonction de salarié municipal. Il est l’emblème de ce dont témoigne ce documentaire : au milieu de la diagonale du vide il faut se prendre en main si l’on veut vivre. Mais le fruit de cet engagement parfois harassant, c’est la chaleur humaine, ce sont les relations fortes où le mot « association » prend tout son sens.

Sandrine Mercier et Juan Hidalgo se sont mis adroitement en symbiose avec les habitants de ce terroir gascon. Beaucoup de choses pourraient être dites sur le mal-être du monde rural en France. Mais la visée de ce documentaire est de dresser un tableau sensible et touchant à travers le regard d’Anaïs, consciente de quitter bientôt sa terre, ses amis, sa culture. Un tableau du bonheur tout simple d’être bien là où l’on se trouve, seul au milieu des paysages ou à plusieurs au sein d’une banda de musique.

Une longue ovation a salué les dernières images du film et le public a dialogué pendant plus d’une heure et demi avec les deux réalisateurs qui ont généreusement répondu à toutes les questions, donnant de nombreux détails sur le tournage et sur l’accueil généreux qu’ils ont ressenti alors que pendant tout une année ils se sont insérés dans la vie de leurs protagonistes.

Un film à découvrir absolument, dès sa prochaine projection au cinéma l’Europe : mardi 20 mai à 21h00.

Texte et photo : Bertrand Lazerme

                                                                                                                      

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